Ce type de situation correspond à ce qu'on appelle en météorologie un blocage anticyclonique : une configuration dans laquelle les hautes pressions s’installent durablement et perturbent la circulation habituelle d’ouest en est. Résultat : les perturbations sont déviées, le temps évolue peu et les anomalies de température ou de précipitations peuvent persister plusieurs jours, parfois plusieurs semaines.Un anticyclone qui ne bouge presque plus
Un blocage anticyclonique ne se résume pas à la présence d’un simple anticyclone. Ce qui le caractérise, c’est surtout sa durée et sa capacité à perturber durablement la circulation atmosphérique.
En temps normal, aux latitudes tempérées, les dépressions et les perturbations circulent d’ouest en est, portées par les vents dominants et par le courant-jet. Lorsqu’un puissant anticyclone se renforce sur l’Europe et reste quasiment stationnaire, il agit comme un obstacle dans cette circulation.
Les dépressions sont alors contraintes de le contourner. On décrit justement le régime de blocage européen comme une dorsale lente ou quasi stationnaire qui freine le flux d’ouest et favorise des anomalies thermiques persistantes.
Que se passe-t-il avec le jet stream ?Le courant-jet est un ruban de vents très rapides circulant à haute altitude, généralement entre 8 et 12 km.
Lors d’un blocage, sa trajectoire devient beaucoup plus ondulée. Au lieu de traverser directement l’Atlantique puis l’Europe, il doit contourner les hautes pressions.
Selon la configuration, il peut remonter très au nord, vers l’Islande ou la Scandinavie, avant de redescendre plus loin vers l’est. Il peut aussi se dédoubler, avec une branche passant au nord du blocage et une autre au sud.
Le cœur anticyclonique se retrouve alors presque isolé entre ces deux courants. C’est ce qui explique pourquoi une même situation peut durer plusieurs jours sans véritable évolution.

La situation attendue jusqu’à la fin septembre repose sur le même principe.
Les hautes pressions vont rester suffisamment présentes pour repousser les perturbations atlantiques vers le nord. Dans le même temps, les zones plus instables resteront davantage cantonnées à la Méditerranée et à l’Europe orientale.
La France se retrouvera donc une nouvelle fois dans une zone de subsidence et de faible activité perturbée.
Tant que cette circulation ne se débloquera pas, il sera difficile d’obtenir des pluies régulières et généralisées. C’est précisément ce qui explique pourquoi la sécheresse actuelle peut se prolonger malgré l’entrée dans l’automne météorologique.