À la mi-septembre, les mesures quotidiennes approchent +3°C par rapport à la normale en moyenne dans la vaste zone du Pacifique utilisée pour suivre El Niño, notamment sur la partie cartographiée "3.4". Les relevés hebdomadaires de la NOAA étaient déjà proches de +2,9°C début septembre. On se rapproche ainsi du pic atteint pendant le puissant El Niño de 2015-2016, l’un des plus intenses jamais observés. La NOAA estime désormais à plus de 90 % la probabilité que l’épisode actuel devienne « très fort » au cours de l’automne et de l’hiver 2026-2027.
Sur les cartes, certaines poches atteignent même localement +4 à +5 °C d'anomalie, parfois davantage : ce n’est pas contradictoire, car l’indice El Niño de +3°C correspond à une moyenne sur une région beaucoup plus étendue, qui lisse naturellement ces pics. Certains secteurs peuvent donc afficher ponctuellement jusqu'à +8°C. L’indice El Niño, lui, fait la moyenne de toutes les anomalies sur une vaste zone de référence — et souvent sur plusieurs jours ou semaines — ce qui « lisse » les pics locaux et ramène la valeur vers +3°C.

Il est donc encore trop tôt pour qualifier El Niño 2026 de plus puissant jamais observé. Un tel classement ne se juge pas sur quelques journées très chaudes, mais sur des moyennes établies pendant plusieurs mois et sur la réponse de l’atmosphère au réchauffement du Pacifique (inondations, sécheresse…). La poursuite attendue du phénomène au cours de l’automne permettra de savoir si 2026-2027 rejoint réellement, voire dépasse, les El Niño historiques, notamment celui de 2015.