220 km/h, c’est la rafale maximale enregistrée à Granville dans la Manche dans la nuit du 16 au 17 octobre 1987. Mais le vent pourrait même avoir été beaucoup plus fort : l'anémomètre de la pointe du Roc s'est bloqué (la mesure atteinte n'a jamais été réellement connue). Ce chiffre exprime à lui tout seul la violence de ce phénomène ayant une fréquence de retour supérieure à 100 ans, ce qui en fait un épisode absolument exceptionnel. Pour les régions du nord-ouest de la France, ce fut véritablement la "tempête du siècle", plus forte que celle de décembre 1999.
Une tempête exceptionnelle

En plein jour, le passage de cette tempête colossale aurait été sans doute encore nettement plus lourde de conséquences.
Le paysage le matin du 17 octobre 1987 a totalement changé, certains habitants parlent à l’époque de champs de ruine, en comparant le paysage avec celui de Verdun lors de la Grande Guerre. L’agriculture, aussi, subit gravement ces intempéries, de nombreux hangars ayant été détruits, emportant les cheptels d’animaux avec, alors que les arbres fruitiers furent ravagés.
Sur les côtes, ce sont les ports de pêche et de plaisance qui sont, eux aussi, pulvérisés. À Cherbourg par exemple, environ 700 bateaux sont détruits, soit 90% des navires du port. Le constat est le même dans le golfe du Morbihan.
Stupeur face à l'ampleur du désastre
La tempête n'ayant concerné que ce quart nord-ouest, le pays et les médias ne prirent véritablement conscience de l'ampleur du désastre que 48 heures plus tard, laissant dans la pénombre plus d'un million d'habitants. La majeure partie des départements touchés par cet ouragan furent par la suite placés en état de catastrophe naturelle.