Un hiver coupé en deux à l’échelle de l’Atlantique Nord
Depuis le début janvier, l’hémisphère Nord connaît une répartition très contrastée des anomalies météorologiques. D’un côté, des descentes d’air polaire ont provoqué des épisodes de froid marqués sur l’Amérique du Nord et l’Europe du Nord en raison du décrochage du vortex polaire. De l’autre, les régions situées plus au sud ont vu s’enchaîner des perturbations actives, avec des cumuls de pluie parfois exceptionnels entre la péninsule ibérique et le Maghreb.
Le jet-stream, moteur de cette configuration atypique

Des études avaient déjà anticipé ce type d'évolution dès 2023
Plusieurs travaux indiquent que ces épisodes simultanés (froid marqué en Amérique du Nord et excès d’eau en Europe) sont associés à cette configuration particulière de la circulation atmosphérique. Une étude de 2023 (1) met notamment en évidence une probabilité plus élevée d’épisodes très humides en Europe de l’Ouest et du Sud lorsque l’est des États-Unis subit une vague de froid, signe d’une organisation à grande échelle.
D’autres recherches (2) rappellent qu’avec le réchauffement climatique, l’atmosphère peut contenir davantage de vapeur d’eau. Lorsque le rail dépressionnaire se met en place, ce surplus d’humidité peut contribuer à renforcer l’intensité des pluies et donc les cumuls, à dynamique égale.
Ce type de configuration n’est pas inédit mais ne se reproduit pas chaque année. En revanche, dans le contexte du changement climatique, des hivers plus contrastés et plus durables pourraient devenir plus fréquents, avec des impacts plus marqués lorsque la circulation atmosphérique se bloque plusieurs jours ou semaines sur un même schéma.
Références
(1) https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2212094722001037
(2) https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2023GL104805