La tempête Ingrid est le nom donné à une dépression qui s'est rapidement creusée sur le proche Atlantique le 23 janvier 2026, prenant les caractéristiques d'une bombe météorologique. Freinée dans sa progression par les hautes pressions situées sur l'Allemagne, cette dépression a tourné sur elle-même au large de la Bretagne, pour finalement remonter vers l'Irlande en se comblant. De ce fait, la tempête n'a touché que la pointe bretonne, avec une mer démontée et des inondations.
Gros plan sur le creusement de la dépression #Ingrid depuis hier en approchant de la Bretagne. L'enroulement autour de son centre en air sec est admirable, un cas d'école. On parle de "bombogenesis" (anglais) pour cyclogenèse explosive de la dépression. pic.twitter.com/mPga0kfQ6u
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) January 23, 2026
Un creusement explosif au large, tempête surtout maritime
Ingrid est une dépression à creusement rapide (âbombe météoâ), descendue vers 955 hPa en mer Celtique, qui a longé la Bretagne avant de remonter vers les îles Britanniques. L’impact principal s’est concentré sur la pointe bretonne (Finistère) et surtout sur l’état de la mer, tandis que l’intérieur des terres a davantage subi un fort coup de vent.
Lors de cette tempête littorale, les rafales maximales ont atteint 147 km/h à la pointe du Raz, 143 à la pointe de Penmarc'h, 133 km/h sur l'île de Groix. Dans les terres, il a été observé 109 km/h à Quimper et 107 km/h à Brest.
Chronologie : une nuit agitée, un paroxysme en fin de matinéeâdébut d’après-midi
Un premier coup de vent s’est produit en milieu de nuit avec une ligne de grains : 136 km/h à Ouessant vers 2 h, 119 km/h à Belle-Île, 109 km/h à la pointe du Raz. Le pic s’est ensuite produit en fin de matinée et début d’après-midi sur les caps exposés : la pression remonte légèrement mais le gradient reste suffisant pour entretenir des rafales très violentes sur le Finistère. Côté impacts, les autorités font état de 2 blessés (chutes d’arbres) et de nombreuses interventions liées aux intempéries.
Rafales et vagues : les maximales observées
Le maximum de vent relevé sur la France atteint 144 km/h à la pointe du Raz, et 143 km/h à la pointe de Penmarc’h. Dans les terres, les rafales ont fréquemment approché ou dépassé 100 km/h (jusqu’à 107 km/h à Brest et 109 km/h à Quimper), tandis que des grains orageux ont ponctuellement donné 116 km/h à la pointe de Chemoulin et 111 km/h à Saint-Nazaire. En mer, l’épisode a été remarquable : 11,8 m (bouée des Pierres Noires) dès le matin, 12 m ensuite, et surtout une vague maximale de 16 m mesurée à la bouée au large de Belle-Île.

Quelle place dans l’historique des tempêtes en France ?
Avec 144 km/h sur les caps du Finistère, Ingrid se classe comme une forte tempête régionale, mais nettement en dessous des épisodes historiques : la tempête âouraganâ d’octobre 1987 avait produit 170 à 200 km/h sur les côtes bretonnes, et plus récemment Ciaran avait atteint 207 km/h dans le Finistère. À l’échelle nationale, les tempêtes les plus sévères depuis 1980 restent celles de décembre 1999 (Lothar/Martin) par leur extension et leurs rafales.
En résumé, Ingrid aura surtout marqué par son profil très maritime (houle et vagues exceptionnelles) et un cœur tempétueux cantonné à l’extrême Ouest, dans un contexte de sols déjà saturés où la pluie et la mer ont parfois causé davantage de dégâts que le vent.