Une vague de froid se produit sur une partie des États-Unis cette semaine, avec un scénario typique de début d’hiver : le courant-jet ondule fortement et laisse plonger une poche d’air arctique du Canada vers le centre puis l’est du pays. Rien d’exceptionnel à l’échelle américaine, mais un refroidissement suffisamment net pour marquer une rupture et basculer dans une ambiance franchement hivernale.
Un mécanisme classique : talweg profond et “tuyau” d’air arctique
À l’origine, un vaste talweg (dépression d’altitude) s’enfonce depuis le Canada. Sur son flanc arrière, le flux s’oriente au nord-nord-ouest, ouvrant une véritable autoroute à l’air polaire : l’air froid, dense et sec se propage vers les Grandes Plaines, le Midwest, puis les Grands Lacs et le Nord-Est. Le vent renforce la sensation de froid (wind chill), parfois plus marquante que la température réelle.
Ces plongées d'air froid fréquentes en Amérique du Nord résultent souvent de la barrière des Rocheuses à l'ouest du continent, créant un boulevard aux masses d'air glaciales pour plonger plus à l'est.
Impacts : froid mordant, gel et neige abondante
Les conséquences les plus sensibles concernent la baisse des minimales, le gel durable et des conditions de circulation difficiles comme cela a déjà été le cas ce week-end entre le Middle West et la région des Grands Lacs. En cours de semaine, les températures minimales pourront s'abaisser sous la barre des -10°C, notamment vers Chicago ou Minneapolis avec même -15 à -20°C.
Un passage neigeux peut se produire “sur le fil” au contact d’un peu d’humidité, surtout près des Grands Lacs et vers le Nord-Est. Autour des lacs, l’arrivée d’air très froid sur des eaux encore relativement douces peut aussi relancer des chutes de neige par effet de lac, intenses mais très localisées.