
L’été 2025 restera marqué par des incendies meurtriers en Turquie, Grèce et Chypre, attisés par une chaleur record et des vents violents, sans parler des incendies records au Portugal et en Espagne. Selon la World Weather Attribution*, le changement climatique a rendu ces conditions dix fois plus probables.
Une saison d’incendies ravageuse
L’été 2025 a été marqué par des feux désastreux en Méditerranée : en Turquie, plus de 600 incendies ont éclaté en un mois, détruisant environ 60 000 hectares et contraignant à l’évacuation de 50 000 personnes autour d’Izmir et Bursa. En Grèce, les flammes ont touché l’Attique, la Crète et l’Eubée, provoquant l’évacuation de milliers de personnes, dont des visiteurs ; à Chypre, 125 km² ont brûlé, forçant l’abandon de plusieurs villages. Ces incendies ont fait au moins 17 victimes, notamment des pompiers piégés par des vents extrêmes.
De son côté, l'Espagne a vécu une saison des feux historique avec plus de 350 000 hectares partis en fumée, soit plus de quatre fois la moyenne observée entre 2006 et 2024. Il s'agit de l'une des pires catastrophes environnementales des dernières années selon le gouvernement Espagnol.
Le facteur climatique aggravant
L’analyse menée par la World Weather Attribution indique que les conditions météo ayant alimenté ces incendies — chaleur extrême, sécheresse, vents forts — ont été dix fois plus probables en raison du changement climatique, alors qu’elles étaient autrefois rares, survenant environ une fois par siècle. La même étude montre qu’elles ont été 22 % plus intenses qu’elles ne l'auraient été sans réchauffement climatique.
Ces événements tragiques ne font que confirmer ce que l'on sait déjà : si rien ne change, les mégafeux deviendront plus fréquents et plus violents. Au-delà du constat scientifique, ces incendies rappellent que les moyens de lutte sont déjà à la limite face à un climat réchauffé de seulement +1,3 °C. Tous les pays méditerranéens — et plus largement européens — doivent renforcer leur préparation, en matière de prévention comme de secours, pour faire face à ces catastrophes appelées à se multiplier.
* Le World Weather Attribution (WWA) est un collectif scientifique fondé en 2015, réunissant des climatologues de renom issus notamment de l’Université d’Oxford, du Royal Netherlands Meteorological Institute (KNMI), de Princeton University et du Red Cross Red Crescent Climate Centre. Il analyse l’influence du changement climatique sur les événements météorologiques extrêmes.