La Chaîne Météo : Après une sécheresse de surface exceptionnelle en 2022, la situation s’est-elle améliorée ?
Cyrille Duchesne : Rappelons que la sécheresse de surface correspond à un déficit important de l’eau contenu dans la partie superficielle du sol (moins d’un mètre). Les données que nous fournissent l’Agence Européenne Copernicus montrent que le contenu en eau des sols superficiels a battu des records de niveau bas entre la mi-juillet et le début du mois de septembre.

Dans un contexte de changement climatique, la fréquence des vagues de chaleur et le risque de canicule augmente, ce qui impacte le bilan hydrologique. Des températures plus élevées entraînent une évapotranspiration des plantes et un assèchement des sols plus importants. Les besoins en eau sont accrus alors que les réserves ont du mal à se reconstituer en hiver. Après un hiver trop peu pluvieux, un été 2023 chaud et sec serait encore plus problématique que l’été dernier avec des réserves hydrologiques encore plus faibles qu’en 2022 qui aboutiraient à des tensions importantes pour les différents utilisateurs (agriculteurs, industriels, touristes…).
Le phénomène El Nino, qui devrait se mettre en place pour l’été prochain, pourrait favoriser de surcroît le risque de vagues de chaleur.
La sécheresse qui s’installe dès ce mois de février est donc préoccupante, après une année 2022 déjà exceptionnellement sèche. Le printemps qui s’annonce dans les normales en termes de pluviométrie ne parviendra pas à inverser la tendance… Le risque d’avoir des restrictions d’eau généralisées et plus sévères qu’en 2022 est important.