Climat de février en France : le mois des extrêmes

Regis Crepet
Par Regis Crepet, Météorologue
Chaque début de mois, La Chaîne Météo vous présente les principales caractéristiques climatiques qui règnent à cette époque de l'année en France métropolitaine. Le mois de février est statistiquement le 2ème ou 3ème mois le plus froid en France en fonction des régions, très proche de décembre, parfois marqué par des vagues de froid sévères dont la plus intense est celle de 1956. Il est aussi le mois le plus venté avec le plus grand nombre de tempêtes sur l’année. Voici ce que peut vous réserver le mois de février en France.

Le mois de février est un mois hivernal, mais l’augmentation de la durée du jour permet le début de la remontée des températures avec, parfois, quelques avant-goûts printaniers. Entre le début et la fin du mois, nous gagnons à la fois quasiment 1h30 de jour et près de 3°C de température. Mais avec l’inertie de l’atmosphère, l’hémisphère nord reste très froid. Février est donc un mois d’extrêmes de températures, où l’on peut connaître les dernières grandes vagues de froid de l’hiver et les premières bouffées de douceur du printemps naissant. Ces conflits de masses d’air entraînent une circulation atmosphérique souvent dynamique, faisant de ce mois le plus venté de l’année, bien que les plus grandes tempêtes historiques ne s’y soient pas produites.

Températures en février: entre vagues de froid et air de printemps

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Crédit : La Chaîne Météo

Le mois de février est le mois le plus venté de l’année. Les tempêtes hivernales frappent la France surtout en janvier et février. Depuis 1980, sur 30 tempêtes hivernales majeures, environ un tiers s’est produit en février, touchant au moins 20% du territoire. Elles ont été parfois d’une grande violence même s'il n'y a pas eu de records. La tempête Xynthia des 27 et 28 février reste l’une des plus grandes catastrophes naturelles en France de la décennie en raison de la submersion marine qu’elle a provoqué au moment d’une grande marée, provoquant la mort de 59 personnes. La tempête du 22 février 1935 reste à ce jour l’une des plus violente avec des rafales supérieures à 200 km/h sur les régions centrales de la France. La tempête du 1er février 1953 a également été très puissante sur le nord-est de la France avec des rafales a 162 km/h à Reims. Cette tempête fut responsable d’une catastrophe sans précédent aux Pays-Bas, où les digues protégeant les polders ont cédé sous les assauts de la mer, avec un bilan très lourd de plus de 1800 victimes.

Principales tempêtes qui se sont produites en février, dont certaines ont été exceptionnelles

27 février 1935 : il s’agit possiblement de la tempête la plus intense traversant la France en février, avec des rafales estimées à plus de 200 km/h sur la côte charentaise. Les dégâts sont énormes.

1er février 1953 : en marge d’une puissante tempête ravageant le Bénélux, des rafales atteignent 162 km/h à Reims.

14 février 1957 : une tempête majeure, aussi forte que Xynthia, mais sans les mêmes conséquences, balaie un axe allant du sud-ouest au nord-est avec jusqu’à 162 km/h à Vichy (Allier) et 158 km/h à Romilly, dans l’Aube.

13 février 1972 : une tempête majeure concerne une moitié ouest et sud-ouest de la France avec des rafales exceptionnelles, jusqu’à 173 km/h à Quimper (Finistère).

début février 1984 : après un mois de janvier déjà tempétueux, deux nouvelles tempêtes exceptionnelles balaient la France, concernant aussi bien la moitié nord que la Méditerranée, avec jusqu’à 198 km/h au cap Pertusato en Corse. Ces tempêtes occasionnent d’importants dégâts et des pertes humaines.

3 février 1990 : une tempête exceptionnelle baptisée « Herta » balaie les trois quarts nord de la France, avec jusqu’à 162 km/h à Belle-Ile et à Langres (Haute-Marne).

26 et 28 février 1990 : dans un contexte très perturbé, deux autres puissantes tempêtes balaient les deux tiers nord de l’hexagone avec des rafales à 212 km/h en Corse.

7 février 1996 : une très fortes tempête concerne l’ouest de la France avec des rafales jusqu’à 160 km/h et 209 km/h au Mont Aigoual.

La décennie 2000 à 2010 voit une diminution du nombre de tempêtes majeures.

Février 2002, une tempête méditerranéenne souffle jusqu’à 173 km/h.

9 février 2009 : deux semaines après la tempête Klaus au sud-ouest, une nouvelle violente tempête balaie un axe allant du Poitou-Charentes au sud de l’Alsace. Le long de cet axe, des valeurs approchent celles relevées lors des tempêtes de décembre 1999 avec 166 km/h dans les Vosges.

27 et 28 février 2010 : la tempête Xynthia remonte du sud-ouest au nord-est. Les rafales de vent atteignent localement 160 km/h sur le littoral charentais et 238 km/h au pic du Midi (Hautes-Pyrénées). La conjonction de cette tempête avec la pleine mer de vive-eau (coefficient 102) provoque une submersion littorale dévastatrice en Charente-Maritime et Vendée. Le bilan humain est très lourd avec 59 victimes.

18 février 2022 : la tempête Eunice balaie un petit tiers nord de la France, en marge d'une profonde dépression qui provoque une tempête majeure en Angleterre (l'une des plus fortes depuis 1987). On relève 176 km/h au Cap Gris-Nez (62), 152 km/h à Boulogne/Mer (62) et 130 km/h à Lille (59). Elle est suivie 2 jours plus tard par une autre, moins forte, la tempête Franklin.

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