Après plusieurs semaines presque entièrement sèches, la pluie a enfin fait son retour à la toute fin du mois de septembre. La répartition des pluies a toutefois été particulièrement hétérogène : 20 à 40 mm sont tombés sur plusieurs secteurs de l’ouest et du sud-ouest, tandis que de nombreuses régions du centre et de l’est n’ont reçu que quelques millimètres.

Après une aussi longue période sèche, une partie importante de l'eau tombée sert d'abord à réhumidifier les horizons superficiels. C'est une amélioration réelle pour la végétation et les cultures, là où les pluies ont été régulières et ont dépassé 20 à 30 mm. En revanche, 5 à 15 mm ne suffisent généralement pas à humidifier les sols suffisamment en profondeur après plusieurs mois de déficit hydrique. Sur les régions les moins arrosées (Midi Toulousain, nord-est et extrême sud-est), il n'y a donc pas d'amélioration notable. Pour pallier la sécheresse, il faudrait des épisodes réguliers totalisant au moins 40 à 50 mm qui puissent permettre d'humidifier les sols en profondeur dans les secteurs les plus secs.
Par ailleurs, quantité de pluie ne signifie pas automatiquement efficacité maximale. Lors des dernières pluies très intenses en Languedoc et Cévennes, une proportion importante de l'eau a ruisselé vers les cours d'eau avant de pénétrer dans le sol. À l'inverse, des pluies modérées et durables favorisent davantage l'infiltration.
Concernant les nappes phréatiques, il faudra plusieurs séquences pluvieuses régulières au cours de l'automne et de l'hiver pour parler d'une véritable recharge. Ces pluies de fin septembre atténue un peu la sécheresse de surface, mais après un été et un début d'automne exceptionnellement secs, le déficit accumulé reste considérable et la sécheresse demeure d'actualité dans une grande partie du pays.