Quelles conditions météo "favorisent" un mégafeu ?
Le scénario le plus favorable ou "critique" associe sécheresse durable, températures élevées, faible humidité de l'air et vent. C'est le cas depuis le mois d'avril dans le sud-ouest. Après plusieurs semaines et mois sans pluie, les sols, les herbes, les aiguilles, les sous-bois et parfois les arbres deviennent extrêmement secs. Une forte chaleur fait encore baisser l'humidité des combustibles fins, qui peuvent alors s'enflammer très facilement.
Le vent est ensuite l'un des principaux accélérateurs : il apporte de l'oxygène aux flammes, incline le front de feu vers la végétation encore intacte et transporte des braises parfois loin devant l'incendie. De nouveaux foyers peuvent ainsi apparaître avant même l'arrivée du front principal.
Le risque devient donc maximal lorsque plusieurs facteurs se combinent : sécheresse profonde + végétation très sèche + forte chaleur + humidité basse + vent soutenu. C'est cette combinaison, davantage qu'une température exceptionnelle prise isolément, qui permet à un incendie de changer brutalement de dimension.
Pourquoi l’Aquitaine est-elle particulièrement exposée ?
Le massif des Landes de Gascogne, qui s'étend principalement sur la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne, constitue l'un des principaux territoires français exposés aux grands incendies. L'INRAE identifie historiquement ces départements parmi les zones françaises les plus concernées. Sa très vaste forêt de pins maritimes fournit un important volume de combustible. Lorsque les aiguilles, les broussailles et la végétation sont desséchées, la continuité du massif peut favoriser la propagation du feu. Le relief peu marqué laisse également le vent jouer un rôle important.
1949 : la catastrophe de référence dans les Landes de Gascogne
L'épisode historique majeur reste l'été 1949. Après une sécheresse exceptionnelle, de nombreux incendies touchent le massif landais. Le plus dramatique se produit en août dans le secteur de Cestas, près de Bordeaux : environ 50 000 hectares sont ravagés et 82 personnes meurent, notamment des pompiers, militaires et habitants.
Cet événement reste une référence dans l'histoire française des feux de forêt, autant par sa superficie que par son bilan humain.
2022 : le retour des mégafeux en Gironde
L'été 2022 marque un tournant récent. À partir du 12 juillet, les incendies de La Teste-de-Buch et Landiras prennent des proportions considérables. D'autres feux suivent en août à Landiras puis en septembre à Saumos. L'État les reconnaîtra officiellement comme des « sinistres de grande ampleur ».
Au total, plus de 30 000 hectares de forêt brûlent en Gironde durant l'été 2022 et près de 50 000 personnes doivent être évacuées préventivement.
2026 : une nouvelle crise exceptionnelle
Les incendies qui frappent actuellement la Gironde et les Landes en ce samedi 25 juillet 2026 s'inscrivent donc dans cette histoire des très grands feux aquitains. Leur ampleur, leur rapidité de propagation et le nombre considérable d'évacuations en font déjà un épisode exceptionnel. Les autorités font état de plus de 141 000 évacuations en Gironde et dans les Landes, tandis que plusieurs fronts restent incontrôlés.
Le parallèle avec 1949, 2022 et 2026 est particulièrement intéressant : dans les trois cas, ce n'est pas simplement la chaleur qui explique l'ampleur des incendies, mais surtout la combinaison d'une sécheresse marquée, d'une végétation très combustible et de conditions météorologiques permettant une propagation extrêmement rapide.