Une coulée d’air polaire très tardive pour la saison
La situation atmosphérique observée depuis jeudi est liée à un décrochage d’air polaire plongeant directement sur l’Europe occidentale. Jeudi 14 mai, les températures à 850 hPa (vers 1500 mètres d’altitude) sont devenues négatives sur plusieurs régions françaises, un niveau particulièrement bas pour une mi-mai. Il faut remonter au printemps 2012 pour retrouver une masse d’air aussi froide en altitude à cette période de l’année, avec des valeurs proches de -33°C en haute altitude (dans la goutte froide vers 5000 m), expliquant la formation de la grêle.

Giboulées, neige et grêle : un ressenti de plein mois de mars
Jeudi de l’Ascension, l’ambiance a pris des allures hivernales sur de nombreuses régions. Des giboulées parfois accompagnées de grêle ont balayé le pays dans un flux de nord très instable. En montagne, la neige s’est abaissée vers 1200 à 1400 mètres sur les Alpes, le Massif central et localement les Pyrénées, avec parfois plusieurs dizaines de centimètres de neige fraîche sur les sommets.
Dans certaines stations des Alpes du Nord, les paysages étaient totalement blanchis en pleine mi-mai. Cette neige tardive s’est accompagnée d’un vent sensible et de températures souvent inférieures de 6 à 10°C aux normales de saison.
#Alpes, #Vosges, #Massifcentral et #Jura retrouvent l'#hiver ce matin avec de la #neige ❄sur l'ensemble de ces massifs. Ces chutes se poursuivent jusqu'à vendredi soir. pic.twitter.com/qRt7yWKRtu
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) May 14, 2026
Une situation notable, mais pas totalement inédite
Ce vendredi matin 15 mai, des gelées blanches ont encore été observées localement dans les campagnes du nord-est, du centre et de certaines vallées du Massif central, avec des températures descendant ponctuellement entre 0 et -2°C. Un tel froid aussi tardif reste peu fréquent et potentiellement problématique pour la végétation et certaines cultures déjà bien avancées.

Des précédents parfois remarquables au mois de mai
Si cette offensive froide de la mi-mai 2026 est notable, elle n’est pas totalement inédite. Plusieurs épisodes tardifs ont déjà marqué les archives météo françaises :
Mai 2012 : dernier épisode comparable avec une masse d’air aussi froide en altitude à la mi-mai et des gelées tardives sur plusieurs régions.
Mai 1995 : neige observée jusque sur le Morvan et gelées généralisées sur la moitié nord autour du 13 mai.
Mai 1997 : quelques chutes de neige avaient été observées jusqu’en Touraine.
Mai 1955 : épisode froid durable avec des gelées fréquentes entre le 12 et le 23 mai et quelques flocons jusqu’en Normandie.
Mai 1935 : l’un des cas les plus exceptionnels avec de la neige jusqu’à Paris et localement 20 cm en Normandie le 18 mai.
L’épisode actuel s’inscrit donc parmi les séquences froides tardives marquantes observées en France au cours des dernières décennies.