Après une faible La Niña en début d’année 2026, les grands centres climatiques internationaux surveillent désormais un probable épisode El Niño au fil des prochains mois dans le Pacifique tropical. Le signal est sérieux, mais il est encore trop tôt pour parler avec certitude d’un « super El Niño » : à ce stade, les organismes spécialisés évoquent surtout ce retour d’El Niño à partir de l’été, avec une intensité encore très incertaine mais qui pourrait monter en puissance d'ici à la fin de l'année.
La Niña s’affaiblit, le Pacifique revient vers un état "neutre"
El Niño correspond à un réchauffement durable des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental, accompagné de changements dans les vents, la convection tropicale (les orages) et les régimes de pluie à l’échelle planétaire. Début mars 2026, nous étions encore dans une faible La Niña, mais en nette perte de vitesse, tandis que les eaux plus chaudes en surface progressent sous le Pacifique équatorial, signe classique d’une transition en cours. La NOAA prévoit un retour à des conditions ENSO neutres dès ce printemps.

Des conséquences mondiales potentiellement majeures en 2026-2027
Si El Niño s’installe puis se renforce, il pourrait contribuer à une nouvelle hausse de la température moyenne mondiale, comme l’a rappelé l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) dans un communiqué. Les conséquences classiques seraient à surveiller à l’échelle planétaire : pluies plus abondantes et risques d’inondation sur la façade pacifique de l’Amérique du Sud et dans certaines parties du sud des États-Unis, mais aussi sécheresses accrues en Australie, en Indonésie, dans certaines régions d’Asie du Sud-Est et parfois en Inde selon la saison. Pour 2027, un nouveau record de chaleur planétaire ne peut pas être exclu si un El Niño marqué venait à se combiner au réchauffement climatique de fond, mais ce serait encore prématuré de l’affirmer aujourd’hui. Selon les prévisions actualisées de mars 2026 (Met Office, Berkeley Earth/Zeke Hausfather, NASA/GISS-James Hansen, NOAA et WMO), les températures mondiales devraient rester stables ou légèrement augmenter en 2026 par rapport à 2025, tandis que 2027 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée (~1,57 °C, voire jusqu’à 1,7 °C selon Hansen) à cause de l’effet retardé d’El Niño.
Sources principales :
Met Office (déc. 2025/mars 2026)
Zeke Hausfather (Berkeley Earth / The Climate Brink, mars 2026)
James Hansen (NASA GISS, mises à jour 2025-2026)
Copernicus, NOAA, WMO (rapports 2025-2026)
NOAA (16 mars 2026)