Une « bombe météorologique » en formation
Ce blizzard est né d’un choc spectaculaire entre deux masses d’air : de l’air glacial arctique plongeant du pôle Nord vers le sud des États-Unis, et de l’air plus doux et humide remontant des Caraïbes. Ce contraste thermique a favorisé la formation d’une dépression en pleine intensification au large de la côte Est des États-Unis.

La pression atmosphérique va chuter brutalement, passant d’environ 1008 hPa au large de la Caroline du Sud à près de 970 hPa au large de New York en moins de 24 heures. Cette baisse rapide caractérise une cyclogenèse explosive, communément appelée « bombe météorologique ». Résultat : des chutes de neige intenses et des vents tempétueux.
C'est une véritable "bombe météorologique" qui s'apprête à balayer le nord-est des États-Unis et la région de New-York. Affichée à 1008 hPa ce matin, la pression au centre de cette dépression va chuter à 970 hPa demain matin, expliquant la violence du #blizzard. pic.twitter.com/mOJYA60GmP
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) February 22, 2026
Jusqu’à 50 cm de neige en 24 heures
Les autorités ont déclenché des alertes maximales face à un événement potentiellement historique. De la région de New York jusqu’au Maine en passant par le New-Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut, leNew-Jersey , le Delaware, le Maryland et la Virginie, les cumuls pourraient localement dépasser 50 cm en une journée. Avec des rafales proches de 100 km/h, la neige est soufflée, formant des congères et réduisant fortement la visibilité. Les déplacements deviennent dangereux, voire impossibles par moments. Aéroports, routes et réseaux ferroviaires vont subir d’importantes perturbations, notamment à New York, Boston et Philadelphie.
35 million U.S. residents are under a Blizzard Warning this afternoon through Monday. The Mid-Atlantic through New England coasts will see the greatest impacts from this powerful storm. pic.twitter.com/BKgugIeMzG
— NWS Weather Prediction Center (@NWSWPC) February 22, 2026
En bord de mer, des vagues de 8 mètres de haut sont attendues avec des risques de submersions littorales très importants dans le secteur de New-York.

Un hiver déjà très rigoureux à l’est
Ce blizzard s’inscrit dans un hiver particulièrement froid sur l’est et le sud des États-Unis. Entre fin janvier et début février 2026, une vague de froid arctique durable a concerné une vaste partie du pays, en lien avec une descente marquée du vortex polaire. Les températures ont souvent été nettement inférieures aux normales saisonnières. À New York, l’anomalie thermique depuis le début de l’hiver atteint environ –3 °C. Le sol est quasiment couvert de neige depuis le 18 janvier dernier. Plus au sud, plusieurs records mensuels, voire absolus, ont été battus. Fait remarquable : le gel a même été observé jusqu’à Miami, un événement rare à cette latitude.
Une succession de tempêtes marquantes
L’hiver 2025-2026 se distingue aussi par la répétition des tempêtes hivernales. Fin janvier, un premier système majeur a balayé le centre puis l’est du pays, provoquant neige, verglas et fortes rafales. Début février, une nouvelle dépression explosive au large des Carolines a apporté des chutes de neige parfois historiques sur le Sud-Est et le Nord-Est. Le nouvel épisode de ce week-end, type « nor’easter » confirme la dynamique très active de la saison. Entre froid durable et tempêtes répétées, l’hiver 2025-2026 restera comme l’un des plus rudes et neigeux de ces dernières années sur la façade est des États-Unis.