Des cumuls de précipitations disparates en France
En ce début d'année 2026, la répartition des pluies est hétérogène : des records mensuels de pluie ont été observés en Bretagne au mois de janvier, avec 351,8 mm à Quimper (29), et 314 mm à Brest (29). Mais également à Perpignan, qui relève 269 mm, un cumul cinq fois supérieur aux normales. À l'inverse, les précipitations ont été très faibles au nord-est, avec 33 mm à Strasbourg (67), 38 mm à Dijon (21), ce qui est en dessous des normales de référence. Cette disparité s'explique par la différence de flux. En effet, l'ouest du pays était dominé par un flux d'ouest océanique durable, apportant un défilé de perturbations, tandis que dans le nord-est, c'est un flux continental sec et froid, qui bloquait l'arrivée de ces pluies.

Des nappes phréatiques en hausse...mais pas partout
En conséquence de cette disparité des précipitations sur le pays, le remplissage des nappes est également hétérogène en France. Selon le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), les nappes phréatiques du bassin d'Artois, du Massif armoricain et de l'ouest du Massif central sont en recharge active, avec une très forte hausse en Bretagne, ainsi qu'en Languedoc-Roussillon. Cela s'explique par ces pluies abondantes à répétition depuis début 2026, avec un rapport à la normale de +300% par endroit de ces précipitations. Néanmoins, la recharge est très faible au nord-est avec un niveau des nappes bas pour le bassin Rhin-Meuse, dû aux faibles précipitations en dessous des normales depuis début janvier.
Quelles sont les prévisions ?
Les prévisions sont optimistes, avec, grâce aux pluies abondantes de ces dernières semaines, un stock reconstitué pour les trois prochains mois pour les nappes en Bretagne, Languedoc et Corse. Dans ces régions, les sols sont gorgés d'eau par ce surplus de précipitations, ce qui entraîne un risque élevé d'inondations par remontée de nappe. Cependant, une incertitude demeure à plus long terme pour le Roussillon : les nappes profondes ne sont pas totalement remplies, et celles-ci peuvent rapidement se vider en cas de longue période de sécheresse. De plus, les prévisions sont pessimistes pour le bassin Rhin-Meuse, avec un niveau de nappe déficitaire en raison du manque de précipitations. Néanmoins, ces prévisions dépendent notamment des précipitations attendues ces prochaines semaines en France.