En météo, la tempête répond à des critères météo précis. En mer et sur nos littoraux, on parle de tempête lorsque les vents moyens dépassent 89 km/h durant 10 minutes (soit 48 nœuds, le degré 10 de l’échelle de Beaufort). Les rafales peuvent atteindre 120 à 140 km/h. Dans les terres, les critères sont différents, on parle de tempête lorsque les rafales atteignent ou dépassent la barre des 100 km/h.
Au passage de la dépression Ingrid ce vendredi, le vent moyen sur le littoral est prévu à 75-80 km/h donc nettement en dessous des 89 km/h pour pouvoir parler de tempête. Les rafales maximales atteindront 110 km/h, localement 120 km/h sur les îles et caps les plus exposés. En revanche, au large en mer d'Iroise et sur la mer Celtique, Ingrid sera bien une tempête avec un vent moyen pouvant atteindre 89 km/h et des rafales de 120 à 130 km/h.
Dans les terres bretonnes, les rafales attendues seront de l'ordre de 80 à 90 km/h et ne devraient atteindre les 100 km/h que très localement sur les monts d'Arrée. On sera donc en dessous du seuil de la tempête.
D'un point de vue purement météorologique, il s'agit donc d'un fort coup de vent et non d'une tempête pour le littoral breton et d'un simple coup de vent pour les terres bretonnes.
De très fortes vagues sur la mer d'Iroise et le nord du golfe de Gascogne
Les conséquences du passage d'INGRID seront plus importantes concernant l'état de mer que le vent. En effet, cette dépression très creuse se verra freiner par les hautes pressions qui se maintiennent sur le nord de l'Europe. La dépression Ingrid fera quasiment du surplace dans la journée de vendredi et va agir comme une véritable machine à laver avec de grosses vagues qui vont progresser d'est en ouest et viendront déferler sur les côtes atlantiques. Les vagues pourront atteindre 8 à 10 mètres en mer sur le nord du golfe de Gascogne et la mer d'Iroise, dans un contexte de coefficients de marée importants (82 et 80). Sur le littoral atlantique, le risque de submersion sera important au moment des pleines mers avec l'effet combiné d'une surcote liée à la dépression très creuse et des coefficients de marée élevés.