Une saison pollinique qui s’étire sur dix mois
Contrairement aux idées reçues, la saison des pollens ne se limite pas au printemps. En France métropolitaine, elle débute souvent dès fin décembre dans le sud et peut se prolonger jusqu’en octobre.
Hiver : les premiers pollens dès janvier
Dès janvier, les cyprès dominent dans le sud du pays, notamment en région méditerranéenne. Leur potentiel allergisant est fort et les concentrations peuvent être élevées lors des périodes douces et sèches.
Dans le reste du pays, ce sont le noisetier et l’aulne qui ouvrent la saison. Les symptômes (éternuements, nez qui coule, yeux rouges) peuvent alors être confondus avec un simple rhume hivernal.
Printemps : le pic majeur des allergies
Entre mars et mai, la saison s’intensifie nettement.
Bouleau : c’est l’arbre le plus allergisant en France, surtout dans la moitié nord et l’est. Son pic se situe en mars-avril.
Frêne et charme : ils prennent le relais au printemps, avec un potentiel allergisant élevé.
Platane : très présent en ville, notamment en Île-de-France, il pollinise en avril. Son pollen, associé à des poils irritants, accentue l’inconfort.
Chêne : très répandu, il émet de grandes quantités de pollen d’avril à juin, avec un impact modéré mais étendu.
C’est également à cette période que les graminées deviennent dominantes à partir de mai, responsables du célèbre « rhume des foins ».
Été et début d’automne : le danger de l’ambroisie
En août et septembre, l’ambroisie représente la principale menace. Très allergisante, cette plante invasive progresse notamment dans la vallée du Rhône et le centre du pays. Quelques grains par mètre cube suffisent à déclencher des symptômes parfois sévères, y compris de l’asthme.
Le rôle déterminant de la météo dans la libération et la dissémination des pollens ?
La libération des pollens dépend fortement des conditions météorologiques :
- Temps doux, sec et venté : conditions idéales pour la dispersion.
- Pluie : effet temporairement bénéfique, car elle rabat les pollens au sol.
- Orages : attention au phénomène d’« asthme d’orage ». L’humidité brutale fragmente les grains de pollen en particules très fines capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires.
Le changement climatique modifie également le calendrier : les floraisons sont plus précoces et les saisons tendent à s’allonger. Des hivers plus doux favorisent des émissions dès janvier, tandis que des automnes chauds prolongent les épisodes tardifs.
Des risques allergiques variables selon les régions françaises
Le risque pollinique n’est pas uniforme :
- Sud méditerranéen : domination du cyprès en hiver et de l’olivier au printemps.
- Nord et est : forte influence du bouleau et des autres Bétulacées.
- Île-de-France : impact marqué du bouleau et du platane en milieu urbain.
- Montagne : saison plus courte et décalée dans le temps.
Notez que les vents peuvent transporter les pollens sur plusieurs centaines de kilomètres, provoquant des symptômes loin des zones d’émission.
Quels sont les symptômes et quelles précautions faut-il prendre ?
Les manifestations les plus fréquentes sont :
- Rhinite allergique (éternuements, nez bouché ou qui coule)
- Conjonctivite (yeux rouges, larmoiements)
- Asthme (gêne respiratoire, sifflements)
Quelques conseils sur la conduite à tenir pour limiter au maximum l’exposition si vous êtes allergique :
- Aérer tôt le matin ou tard le soir.
- Se rincer les cheveux le soir pour éviter de se coucher avec des cheveux remplis de pollens, surtout lorsque vous avez passé la journée à l'extérieur.
- Éviter de faire sécher le linge dehors lors des pics de pollen car le linge que vous rentrez chez vous peut être « contaminé ».
- Lors de vos déplacements, roulez vitres fermées en voiture avec un filtre à pollen propre.
- Consulter un médecin en cas de symptômes persistants.
Retenez donc que le calendrier pollinique français s’étend sur une grande partie de l’année, avec un pic majeur au printemps. La météo joue un rôle clé dans l’intensité des épisodes, et le changement climatique a plutôt tendance à prolonger la saison avec des hivers plus doux et des printemps plus précoces.
Le meilleur moyen d'anticiper les périodes à risque est de suivre nos bulletins polliniques et si vous avez le moindre doute ou la moindre question sur les allergies, vous avez toujours la possibilité de consulter un allergologue ou votre médecin traitant qui saura vous aiguiller.