Altostratus : le ciel se couvre avant la pluie
Le ciel était encore lumineux quelques heures plus tôt, puis les nuages ont progressivement gagné du terrain. Le soleil est toujours visible, mais il semble désormais apparaître derrière une vitre dépolie. Les couleurs s’effacent, la lumière devient plus terne et le bleu du ciel disparaît sous une immense couche grise.Ce voile uniforme est probablement un altostratus. Moins spectaculaire qu’un cumulonimbus ou qu’un nuage lenticulaire, il constitue pourtant un précieux indice pour comprendre l’évolution du temps. Son arrivée annonce souvent qu’une perturbation se rapproche et que les précipitations ne sont plus très loin.
Qu’est-ce qu’un altostratus ?
L’altostratus est un nuage étendu de moyenne altitude. Son nom associe les termes latins altus, qui signifie « haut », et stratus, qui désigne une couche ou un voile étalé.L’altostratus apparaît généralement entre 2 000 et 7 000 mètres d’altitude sous les latitudes tempérées. Il se présente sous la forme d’une nappe grise, parfois légèrement bleutée, couvrant une grande partie du ciel, voire sa totalité. Contrairement aux altocumulus, il ne forme ni boules, ni rouleaux, ni ondulations nettement dessinées.L’altostratus est principalement constitué de gouttelettes d’eau. Dans ses parties les plus froides, il peut aussi contenir des cristaux de glace et des gouttelettes d’eau surfondue, qui restent liquides malgré une température inférieure à 0 °C.
Comment reconnaître un altostratus dans le ciel ?
L’altostratus se distingue par son aspect uniforme et peu contrasté. Il ne présente généralement pas de formes bien découpées.Quelques indices permettent de l’identifier :
- un ciel largement ou totalement couvert ;
- une couche grise, bleutée ou légèrement striée ;
- une lumière diffuse et fortement atténuée ;
- un soleil parfois visible comme un disque pâle ;
- l’absence de halo autour du soleil ou de la lune ;
- peu ou pas d’ombres visibles au sol.
Lorsque le soleil traverse encore la couche nuageuse, il ressemble souvent à une lampe allumée derrière un rideau. On peut distinguer sa position, mais pas ses contours avec netteté. L’absence de halo est un bon repère. Un cirrostratus, situé plus haut et constitué majoritairement de cristaux de glace, peut produire un cercle lumineux autour du soleil ou de la lune. L’altostratus, lui, atténue surtout la lumière.
Quelle météo l’altostratus annonce-t-il ?
La présence d’un altostratus indique généralement que l’humidité augmente dans une épaisseur importante de l’atmosphère. Il accompagne souvent l’approche d’un système dépressionnaire ou d’un front chaud. Lorsqu’il apparaît après des cirrus et un cirrostratus, il peut annoncer des précipitations dans les heures suivantes. Celles-ci prennent le plus souvent la forme de pluies faibles à modérées, mais durables. En hiver, elles peuvent tomber sous forme de neige. Un altostratus fin ne donne pas nécessairement de précipitations au sol. Une partie de la pluie ou de la neige peut s’évaporer avant d’atteindre la surface. Sous le nuage, on observe alors parfois des traînées appelées virga. Si la couche continue de s’épaissir et de s’assombrir, l’altostratus peut progressivement évoluer en nimbostratus, le nuage caractéristique des pluies ou des chutes de neige continues.
Un voile gris qui prépare souvent la pluie
Discret et uniforme, l’altostratus est l’un des grands messagers des perturbations. Lorsqu’il gagne progressivement le ciel et masque peu à peu le soleil, il signale souvent que l’air s’humidifie et que des précipitations durables se rapprochent. Un nuage peu spectaculaire, mais particulièrement utile pour lire le temps à venir.