
La période la plus intense a duré près de deux semaines, du 1er au 15 août, avec une phase critique du 4 au 13 août 2003. À Orange (Vaucluse), les températures sont restées entre 37 et 42 °C du 2 au 14 août, avec 5 jours consécutifs >40 °C et un record à 42,6 °C le 12 août.
À Paris-Montsouris, les maximales ont oscillé entre 35 et 39 °C pendant 9 jours, culminant à 39,5 °C le 11 août, et les nocturnes sont restées entre 20 et 25,5 °C pendant presque deux semaines.
Un bilan sanitaire dramatique
En France, la surmortalité a été estimée à environ 14 800 à 15 000 décès entre le 1er et le 20 août, soit une surmortalité de +60 % par rapport à la moyenne. Les personnes âgées, dépendantes ou vivant seules ont particulièrement été touchées. En Île-de-France, la mortalité a augmenté de 100 à 130 % selon les départements.
Une canicule exceptionnelle sur tous les plans
Cette canicule est probablement la plus intense depuis 500 ans (Stott et al.). Elle est même qualifiée d’événement millénaire selon certains travaux (dont Jézéquel et al., 2018) qui estiment que la probabilité d’un tel événement était de l’ordre de 1/1000 par an dans le climat préindustriel, soit une occurrence millénaire., un peu à l'image de la canicule survenue en Colombie-Britannique en 2021. Une étude pionnière a estimé que le changement climatique avait au moins doublé la probabilité d’un été aussi chaud que celui de 2003 en Europe (Stott et al., Nature 2004). Elle demeure la plus intense jamais enregistrée en France, par sa durée, son étendue géographique et son intensité. Les vagues de chaleur de 2018, 2022 ou 2023 ont parfois dépassé certains records locaux, mais jamais de manière aussi large et durable. Auparavant, dans le passé, la grande canicule de référence était celle de 1911, mais la comparaison doit être faite avec prudence, car les réseaux de mesure en 1911 étaient très partiels (stations peu nombreuses, données moins standardisées) et les normes de confort, d’urbanisation et de santé publique étaient très différentes.
Depuis 2003, des canicules plus courtes avec des records plus élevés
Depuis la canicule d’août 2003, la plus intense jamais enregistrée en France, les épisodes caniculaires sont devenus plus fréquents mais souvent plus courts, avec des pics de chaleur de plus en plus extrêmes. En juin 2019, une pointe à 46,0°C a été atteinte à Vérargues (Hérault), nouveau record national absolu. Le réchauffement des étés en France semble se caractériser par des flambées exceptionnelles du thermomètre, qui peut atteindre désormais assez facilement la barre des 40°C en de nombreuses régions.
La canicule d’août 2003 reste, plus de vingt ans après, une référence absolue en matière d’intensité, de durée et d’impact sanitaire. Elle a profondément marqué les esprits et déclenché une prise de conscience collective sur les risques liés aux fortes chaleurs. Alors que les étés récents montrent une tendance à la multiplication des épisodes très chauds, cet événement rappelle l’importance cruciale de la vigilance, de l’adaptation et de la prévention face à un climat qui change.