20 ans après la tragique canicule meurtrière d'août 2003, les régions situées au sud de la Loire connaissent une canicule tardive historique du 17 au 24 août 2023. D'une durée et d'une extension moindre qu'en 2003, il n'en demeure pas moins que de nombreux records absolus de chaleur sont pulvérisés sur des grandes villes comme Lyon et Toulouse par exemple. Les régions concernées sont situées au sud d'une ligne La Rochelle - Strasbourg. Pour cette époque de l'année, c'est la canicule tardive, la plus intense mais aussi la plus longue.
Une canicule historique tardive qui bat de nombreux records absolus
Cette canicule est déjà remarquable pour son aspect tardif. Survenant après un 15 août, cet épisode est d'autant plus exceptionnel, battant celles de 2012 et de 2016 qui faisaient référence pour cette période de l'année. Outre cet aspect tardif, cette canicule bat également des dizaines de records de chaleur absolus, c'est-à-dire tous mois confondus, dépassant alors les niveaux atteints en 2003 dans de nombreuses villes d'Occitanie et de Rhône-Alpes-Auvergne, et localement en région PACA.
Cette canicule doit son origine à la remontée d'un anticyclone méditerranéen. Avec un flux de sud à sud-ouest en altitude, de l'air très chaud est arrivé sur notre pays entre le 15 et le 18 août. Avec des hautes pressions comprimant l'air chaud au sud de la Loire, un dôme de chaleur se forme, matérialisé par de hauts géopotentiels. Le 18 août, l'isotherme 0°C est situé vers 5200 m d'altitude au-dessus des Alpes, un record.

Cet épisode est également remarquable par les températures nocturnes très élevées, avec également des records. On a relevé ainsi 30,4°C à Menton, 29,1°C à Perpignan et 27,4°C à Toulouse.
Une canicule tardive extrême en cohérence avec le réchauffement climatique
Des vagues de chaleur tardives, c'est-à-dire après le 15 août, se sont déjà produites avec 7 épisodes en France depuis 1947. La canicule de 2012 avait été la plus sévère avec des températures dépassant les 40°C au sud de la Loire, jusque sur les régions centrales, tels 40,3°C a Châteauroux (36) et jusqu'à 41,5°C en Bourgogne
Mais cette vague de chaleur dépasse les précédentes en intensité. Cela corrobore les modélisations selon lesquelles les vagues de chaleur estivales se produisent plus tôt dans la saison désormais, et peuvent se produire plus tardivement. La saison estivale a donc tendance à s'allonger mais aussi à s'intensifier sur notre pays.