La Chaîne Météo : Pouvez-vous nous rappeler quels sont les différents types de sécheresse ?
Cyrille Duchesne - Docteur en géographie et météorologue : On distingue 3 types de sécheresse :
- une sécheresse météorologique qui correspond à une absence prolongée de précipitations en un lieu donné.
- une sécheresse de surface ou sécheresse agricole (dite aussi édaphique) qui correspond à un déficit hydrique dans la couche superficielle du sol (entre 0 et 2 m de profondeur) et se traduit par un faible taux d’humidité des sols. Elle est redoutée par les jardiniers et les agriculteurs. Elle se produit lors de l’absence durable de précipitations, mais tient compte aussi du niveau des températures, du vent et de la géologie des sols.

À l’horizon 2050, les données transmises par le GIEC dans le cas d’un scénario moyen d’émission de gaz à effet de serre font état :
- D’une augmentation de la température de 1 à 2,5°C par rapport à la période 1995-2014, avec une hausse plus importante durant la période estivale
- D’une nette diminution de la quantité de précipitations du printemps à l’automne, avec des hivers potentiellement plus pluvieux, mais soumis à une incertitude marquée,
- D’une hausse du nombre de jours de précipitations intenses, induisant une répartition plus hétérogènes des pluies, moins régulières et donc moins efficaces pour la recharge des milieux aquatiques,
- D’une augmentation de l’évapotranspiration directement liée à la hausse de la température
- D’un manteau neigeux moins important en montagne avec une fonte plus précoce compte tenu d’hiver moins froid diminuant le réservoir d’eau utilisable jusqu’alors en saison estivale
Chacun de ces éléments contribueront à diminuer le stock d’eau de nos milieux aquatiques et limiteront la recharge de nos nappes phréatiques. Le risque de sécheresse annuelle deviendra alors plus important que ce que nous avons pu connaître au cours des dernières décennies et notamment à mesure que l’on se dirige vers le bassin Méditerranéen et la Péninsule Ibérique. Durée et intensité de ces épisodes secs deviendront très probablement records, c'est-à-dire encore jamais observées dans l’ère moderne, à l’image des autres paramètres météo qui caractériseront notre nouveau climat.