La saison cyclonique dans l'Atlantique Nord s’étend officiellement du 1er juin au 30 novembre, avec un pic d’activité d'août à octobre. Cette année, elle a déjà débuté de façon précoce avec la tempête subtropicale Ana qui s’était formée le 22 mai au nord-est des Bermudes. Rappelons néanmoins qu’il n’est pas rare que des phénomènes tropicaux se forment avant le début officiel de la saison : ainsi, depuis 2015, c’est la 7ème fois que cela se produit, le plus précoce ayant été l’ouragan Alex en janvier 2016. Pour cette année, les conditions météorologiques sont favorables à une saison active avec en prévision un nombre d’ouragan supérieur à la moyenne, tout en restant bien moins important que l’année dernière, qui avait été « record ».
2020 : une saison cyclonique record dans l’Atlantique Nord
L’année dernière 2020 figure dans les records d’activité cyclonique, avec 30 phénomènes nommés (tous confondus, de la tempête tropicale aux ouragans), battant le précédent record de l’année 2005 où 28 phénomènes s’étaient formés. Néanmoins, ce grand nombre de phénomène masque une différence avec 2005, avec moins d’ouragans majeurs en 2020 (aucun ouragan de catégorie maximale 5/5). D’autre part, la majorité de ces phénomènes tropicaux est restée en mer, épargnant les îles, alors que la saison 2019, moins active, avait été pourtant marquée par le puissant ouragan Dorian, qui avait ravagé une partie des Antilles et les Bahamas. En 2020, la liste des noms prévus pour la saison fut même épuisée et pour la seconde fois de l'histoire, après la saison 2005, le NHC (Centre National Américain des ouragans) a dû utiliser l'alphabet grec pour nommer les phénomènes suivants. La saison s’est prolongée jusqu’au 13 novembre. L’ouragan le plus meurtrier de cette saison a été l’ouragan « Eta », qui toucha l’Amérique Centrale en catégorie 4/5, faisant plus de 300 morts.
Saison 2021 : à nouveau plus active que la normale

Depuis 2005, qui était jusqu'à présent l'année record en nombre de phénomènes cycloniques, on a observé une baisse d'activité notamment entre 2010 et 2016, avant un rebond depuis 2017. Dans ce contexte, le rôle du réchauffement climatique dans cette évolution est posé. A ce sujet, il n’y a pas de consensus concernant une éventuelle augmentation du nombre d’ouragans en Atlantique Nord. Cette étude (en anglais) de la NOAA montre une variabilité depuis les années 1880 avec des décennies plus ou moins actives que d’autres. En revanche, il semblerait que le réchauffement climatique soit propice au renforcement rapide des ouragans formés (avec une énergie ayant augmenté de 70% en 30 ans), lesquels seraient également plus pluvieux de l’ordre de 20 à 30%.
Note : étude de la NOAA (en anglais) sur les impacts du réchauffement climatique sur les saisons cycloniques en Atlantique Nord.