Le mois de mars est le premier mois du printemps météorologique. Il en présente les prémices avec un allongement de plus de deux heures de la durée du jour entre le premier et le dernier jour du mois. Côté température cependant, attention à l’impatience qui peut vous gagner en voyant le soleil : si des journées chaudes sont déjà possibles à cette époque de l’année, le froid est encore d’actualité avec de nombreux jours de gel et des chutes de neige pouvant encore blanchir les plaines. Certains mois de mars ont ainsi vu déferler de véritables vagues de froid sur notre pays. D'une façon générale, l'instabilité se traduit par de nombreuses averses de grésil ou de grêle, voire de neige fondue en raison de la présence d'air froid en altitude : les fameuses giboulées.
Températures : de l’hiver à l’été
Si les températures moyennes statistiques gagnent près de 2,5 °C entre le début et la fin du mois, les fluctuations sont parfois très marquées et donnent au temps plusieurs aspects. Le printemps peut ainsi succéder rapidement à l’hiver ou alors faire apparaître quelques journées d’été. Si les températures moyennes sont proches de celles d’une fin octobre, les variations au cours du mois sont en revanche les plus extrêmes de l’année. Entre le record de froid (-31,6 °C à Mouthe dans le Doubs) et le record de chaleur (31 °C à Pau), l'amplitude thermique atteint 62,6 °C. Ces excès sont une caractéristique des intersaisons. Le mois de mars subit tout particulièrement les derniers sursauts de la fin de l'hiver et les premières bouffées de douceur du printemps qui s’installe progressivement sous l’effet naturel de l’allongement de la durée du jour.
Le fait marquant est l’amplitude marquée des températures, que ce soit entre les records de chaleur et de froid et parfois au sein d’une même journée. Les mois de mars sont encore sujets aux vagues de froid, dont certaines tardives, peuvent survenir jusque vers le 20. Ensuite, malgré des froids tardifs, on ne parle plus de vagues de froid dont la définition répond à des critères bien spécifiques (notamment, dans ce cas, le niveau des températures maximales qui remontent bien en cours de journée).
Valeurs extrêmes principales relevées en mars
Min Max -31,6 °C : 4 mars 1965 à Mouthe (25) 31 °C : 25 mars 1955 à Pau (64) -22 °C : 1 mars 2005 au Puy (43) 29,7 °C : 21 mars 1990 à Biarritz (64) -21,3 °C : 11 mars 1931 à Clermont-Ferrand (63) 29,2 °C : 21 mars 1990 à Mt-de-Marsan (40) -20,2 °C : 4 mars 1949 à Vesoul (70) 29,4 °C : 25 mars 1955 à Bourges (18) -18,2 °C :4 mars 1949 à Grenoble (38) 25,8 °C : 31 mars 2021 à Paris (75)Principales vagues de froid et de neige en mars depuis 1900

Considérée comme tardive à cette époque de l’année, la neige peut s’inviter en plaine et parfois de façon remarquable. Compte tenu des configurations météorologiques où les conflits de masses d’air sont exacerbés, ce mois est potentiellement celui où les épaisseurs de neige peuvent être bien plus conséquentes qu’au cœur de l’hiver. Ainsi, le record d’épaisseur de neige à Paris a été relevé le 3 mars 1946 avec 40 cm dans les rues de la capitale. En Normandie, le blizzard de mars 2013 fut historique. Cette neige peut également durant ce mois de mars encore s'accompagner de vagues froid glaciales, avec des températures très largement négatives.
1901 : la 3ᵉ vague de froid de l’hiver se produit du 25 au 29 mars : il tombe 20 cm de neige à Paris et la température descend à -13 °C à Belfort.
1925 : le mois de mars est rude après un hiver doux. Le froid se maintient tout le mois, avec de la neige sur tout le territoire (30 cm à Saint Etienne et dans l’est de la France).
1931 : le mois de mars est hivernal avec de la neige et des pluies verglaçantes. Il fait jusqu’à -21 °C à Clermont-Ferrand (63).
1946 : la première décade est très froide, marquée surtout par des chutes de neige historiques en région parisienne, avec de 40 à 55 cm de neige fraîche. La neige tient cinq jours au sol.
1971 : il s’agit du mois de mars le plus froid du XXᵉ siècle. Les températures plongent à -10 °C à Cannes (06) avec 30 cm de neige. On relève aussi -11 °C à Orléans et -15 °C à Reims.
1986 et 1987 : dans la continuité de ces hivers rigoureux, des pics de froid se produisent encore en mars avec de la neige en Beauce et des températures entre -5 °C et -10 °C en première semaine.
2005 : une vague de froid notable se produit jusqu’au 5 mars, avec un record a -22 °C au Puy-en-Velay (43) et des températures atteignant -10 °C en Ile-de-France.
2013 : du 10 au 15 mars, une offensive hivernale majeure se produit au nord de la Loire avec une tempête de neige historique paralysant la Normandie et les Hauts-de-France. On relève 60 cm de neige à Cherbourg, mais le vent forme des congères de 2 m le 12 mars 2013. On relève une nuit glaciale entre -10 °C et -15 °C et une journée sans dégel.
2018 : le mois de mars est froid, dans la continuité d’une vague tardive fin février. La neige revient en Île-de-France et en Normandie du 17 au 20 mars (jusqu’à 20 cm dans le Val-d'Oise), puis entre le 19 et le 20 dans le sud (Charentes et région PACA). Il fait parfois jusqu’à -10 °C dans le nord-est, mais ce sont surtout les températures maximales, proches de 0 °C autour du 20 mars, qui constituent des records.
Les tempêtes hivernales
Elles sévissent encore en mars, avec un nombre moyen de 3 tempêtes sur l’hexagone, comme en novembre et en décembre, mais dont la violence n’est plus comparable à celles-ci. Certaines sont restées gravées dans les annales de la météo, notamment celle du 1ᵉʳ mars 1923 (rafales à plus de 200 km/h). Celles des 12 mars 1967 et du 24 mars 1986 concernaient toute la France, avec des rafales atteignant 140 km/h en Ile-de-France et 173 km/h à Chambéry. Enfin, plus proche de nous, la dernière forte tempête de mars fut la tempête « Zeus » le 6 mars 2017.
Principales tempêtes remarquables en mars
1923 : le 28 février, une très forte tempête d’ouest balaie tout l’ouest et le nord-ouest du pays. Certaines sources évoquent des rafales à 200 km/h, mais ces valeurs ne sont pas validées. En outre, les pluies durables de cette année provoquent aussi d’importantes inondations.
1937 : à la mi-mars, une forte dépression traverse le nord de la France. Des vents tempétueux balaient tout le pays. Des rafales atteignent 180 km/h sur les côtes de la Manche.
1940 : le 14 mars, une très violente tempête touche le nord de la France. Les rafales atteignent 140 km/h en Île-de-France et à Brest et 216 km/h à Reims (Haute-Marne), battant de nombreux records pour un mois de mars.
1963 : une très violente tempête balaie le nord-ouest, faisant suite à l’hiver le plus rude du siècle. On relève des rafales à 200 km/h à Quiberon et plus de 150 km/h en Picardie.
1967 : le 12 mars, une petite dépression atlantique se creuse brutalement en abordant la Bretagne. Une tempête traverse le Val de Loire et la région Centre. On relève 166 km/h à Orléans (Loiret).
1986 : les 24 et 25 mars, une tempête balaie toute la France. Les rafales les plus violentes sont enregistrées dans les Alpes avec 173 km/h à Chambéry (Savoie).
2017 : les 6 et 7 mars, la tempête baptisée « Zeus » provoque des vents violents de la Bretagne au sud de la France en passant par l’Auvergne. Les rafales maximales atteignent 150 km/h en Bretagne et en Roussillon, puis jusqu’à 190 km/h sur l’île d’Ouessant (record absolu pour cette station météo).