La saison des ouragans s'étend statistiquement du 1er juin au 30 novembre en Atlantique Nord. Cette année 2019 avait débuté très poussivement, avec seulement 1 ouragan : il s'agissait de Barry, le 13 juillet, touchant alors la Louisiane. Et pourtant, l'ouragan Dorian, de formation explosive, est devenu désormais l'un des plus puissants à s'être produit dans l'océan Atlantique.

🌀Vue de l'espace de l’œil de l'ouragan #Dorian contre celle à l'intérieur de l’œil le 2 septembre à Hope Town (Bahamas 🇧🇸). Autour, les rafales de vent sont supérieures à 300 km/h, l'équivalent d'un TGV en vitesse de croisière. Nick Hague 🛰️ (ISS) & James Edds 📸 pic.twitter.com/YOfgFi8fr6
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) September 6, 2019
Des inondations massives se sont produites sur les îles Abacos et Grand Bahama. 13 000 habitations ont été endommagées ou détruites selon la Croix Rouge. Le premier ministre parle d’une tragédie historique. Au final, le bilan humain était estimé à une cinquantaine de morts pour les Bahamas.

Dorian longe les côtes de Floride et remonte en Caroline du Nord
La crainte des américains était que l'ouragan puisse frapper la Floride, en état d'alerte. Les dernières modélisations numériques ont fait état d'une bifurcation in extremis de Dorian vers le nord, permettant d'éviter la Floride : et c'est finalement ce qui s'est produit. Le mur de l'oeil de l'ouragan est passé à environ 100 à 150 km de la côte continentale, remontant vers la Caroline du Sud et la Caroline du Nord entre le 4 et le 6 setptembre. Rétrogradé en catégorie 2 après son acharnement sur les Bahamas, il retrouve de la vigueur temporairement en catégorie 3/5. Les conséquences à la côte sont importantes mais pas dramatiques : la houle cyclonique, conjuguée à de forts coefficients de marée, inonde les stations balnéaires des Caroline. Des villes déjà touchées l'année précédente par l'ouragan Florence sont à nouveau inondées (Charleston en particulier). Les rafales de vent atteignent 120 km/h et la surcote est comprise entre 1 et 2 m. L'ouragan touche terre au niveau du Cape Lookout (Caroline du Nord), avant de repartir au large vers le nord-est.
Les provinces maritimes du Québec fortement touchées
Il n'est pas rare qu'un ouragan remonte jusqu'au Québec, généralement vers les provinces maritimes. La Nouvelle-Ecosse s'est trouvée, conformément aux prévisions, sur la trajectoire de Dorian, toujours en catégorie 1/5. Il a connu une phase de renforcement tempétueux en raison d'un conflit de masses d'air au-dessus du Québec. L'impact a été très important, avec des rafales de vent atteignant 141 km/h à Halifax. Les vagues ont atteint 12 à 15 m au large des Grands Bancs et de Terre-Neuve, tandis que les pluies torrentielles ont déversé des cumuls de 80 à 150 mm sur les Maritimes.
L'ex Dorian, évoluant en dépression des latitudes tempérées, a évolué ensuite sur l'embouchure du fleuve Saint Laurent, avec des rafales atteignant encore 100 à 120 km/h.
L'ouragan #DORIAN balaie le nord-est du Canada. A #Halifax, le vent a atteint 141 km/h hier soir, provoquant la chute d'une grue sur un immeuble en construction --->https://t.co/wTwiMdEEXp pic.twitter.com/Qy5jZx4q2N
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) September 8, 2019
Atténuation du phénomène vers l'Islande
En passant sur Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon, les rafales atteignent 100 à 110 km/h avec des pointes à 150 km/h sur la côte ouest. Des vagues de 30 m auraient été estimées au large de Terre-Neuve. Ayant entamé sa transition entre une tempête extra tropicale et une dépression des latitudes tempérées, Dorian se dirige vers le sud du Groenland et l'Islande. Circulant sur des eaux à 10°C, il perd rapidement en puissance. Il arrive en Islande sous forme d'une dépression très habituelle, à 980 hPa.
En conclusion, Dorian figure désormais parmi les 3 ouragans (ex aequo) les plus puissants mesurés dans l'Atlantique nord. Il est, à égalité, le plus puissant à avoir touché terre en Atlantique (avec l'ouragan du Labor Day, au sud de la Floride, en 1935). On retiendra son renforcement explosif en catégorie maximale 5/5 en arrivant sur les Bahamas, qui ont connu le pire scénario. Ce caractère assez isolé mais extrêmement violent, au sein d'une saison peu active, est peut-être un aspect nouveau lié au réchauffement climatique, où les cyclones seraient moins nombreux mais plus intenses.