Une crue soudaine, plus qu’un simple épisode de fortes pluies
Les premières informations montrent que cette catastrophe ne serait pas uniquement liée aux pluies de mousson. Une avalanche mêlant glace et rochers aurait provoqué un blocage brutal sur un affluent de la Bhote Koshi, avant qu’une importante masse d’eau ne soit libérée en aval. Cette hypothèse, encore en cours de vérification, est privilégiée par plusieurs sources locales et internationales.
Le phénomène s’apparente donc davantage à une crue torrentielle d’origine glaciaire ou à une rupture brutale de retenue naturelle qu’à une simple inondation provoquée par des pluies abondantes.
Pourquoi cette région est-elle si vulnérable ?
Le relief himalayen joue un rôle majeur. Les vallées sont très encaissées, avec des pentes extrêmement fortes : lorsqu’une grande quantité d’eau, de glace, de rochers et de boue est brutalement libérée, elle peut accélérer très rapidement et devenir extrêmement destructrice.
Les torrents concentrent alors l’écoulement vers les villages et les axes de communication installés au fond des vallées. Routes, ponts et centrales hydroélectriques sont particulièrement exposés. Les secteurs de Syapru Besi et Timure figurent parmi les plus touchés.
Des centaines de touristes toujours sans contact
L'office du tourisme du Népal faisait état mercredi de 384 touristes et voyageurs sans contact, dont 291 étrangers et 93 Népalais. Beaucoup se trouvaient sur des itinéraires touristiques ou de pèlerinage vers le Tibet.
Le bilan humain reste très évolutif : les sources disponibles font état d’au moins plusieurs morts, certaines évoquant déjà une vingtaine de victimes. Les opérations de secours sont rendues particulièrement difficiles par les routes coupées, les ponts détruits, les dépôts de boue et l’impossibilité pour certains hélicoptères d’atterrir dans les vallées sinistrées.
Le changement climatique en toile de fond
Il serait prématuré d’attribuer directement cet événement au changement climatique. En revanche, l’Himalaya connaît un recul accéléré des glaciers, une dégradation du pergélisol et une multiplication des risques liés aux avalanches, lacs glaciaires et crues brutales. L’ICIMOD souligne que ces évolutions rendent la région de plus en plus vulnérable à des catastrophes en cascade.
Dans ce type de milieu, le danger ne vient donc pas seulement de la météo du jour : il résulte aussi de la combinaison entre un relief extrême, des glaciers fragilisés et des populations ou infrastructures concentrées dans des vallées très étroites.