Où en est El Niño en cette mi- juillet 2026 ?
El Niño correspond à un réchauffement durable des eaux du Pacifique équatorial central et oriental, associé à une modification des alizés et de la circulation atmosphérique tropicale. Les dernières observations confirment que l’océan et l’atmosphère fonctionnent désormais ensemble pour renforcer le phénomène. L’indice mesuré dans la région du Pacifique où se produit le phénomène atteignait +1,47 °C autour du 12 juillet, tandis que les alizés se sont nettement affaiblis, voire inversés par endroits. Les eaux profondes se réchauffent également dans l’est du Pacifique, signe que l’épisode dispose encore d’un important potentiel d’intensification.
Vers un El Niño très puissant, mais le terme « Godzilla » reste médiatique
Les modèles prévoient désormais un El Niño fort à très fort durant l’automne boréal. Les services américains estiment à 81 % la probabilité d’un épisode « très fort » entre octobre et décembre (*), qui pourrait figurer parmi les plus intenses observés depuis 1950, dépassant possiblement celui de 2015. L’expression « El Niño Godzilla », en référence au monstre gigantesque du cinéma japonais, est parfois employée dans les médias pour décrire cette ampleur potentielle. Cette appellation « El Niño Godzilla » a été inventée pour la première fois en 2015 par Bill Patzert, climatologue à la NASA. Elle ne correspond toutefois à aucune catégorie scientifique officielle : les organismes internationaux parlent simplement d’épisode faible, modéré, fort ou très fort.
Des conséquences indirectes pour l'Europe
El Niño peut déplacer les grandes zones de pluies tropicales et modifier les régimes de températures, de sécheresse ou de précipitations à l’échelle planétaire. Un temps plus sec est notamment favorisé en Australie et dans certaines parties de l’Asie, tandis que les pluies peuvent devenir plus abondantes dans le Pacifique oriental, le sud des États-Unis ou certaines régions d’Afrique.
En Europe, et particulièrement en France, le lien est beaucoup plus indirect et moins prévisible : il dépend notamment de la circulation sur l’Atlantique Nord. El Niño n’explique donc pas la chaleur exceptionnelle observée en France cet été, liée avant tout aux configurations atmosphériques régionales. Ses effets éventuels seront davantage surveillés à partir de l’automne et durant l’hiver, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en déduire précisément le temps qu’il fera en France. Statistiquement, on observe cependant davantage d'hivers doux et pluvieux en France lors des années El Niño.
*Source : NOAA – Climate Prediction Center, bulletin ENSO du 9 juillet 2026.