Après les deux vagues de chaleur remarquables de mai et surtout de juin, la France aborde ce mois de juillet dans un état de grande vulnérabilité. L’atmosphère, les sols et même les mers voisines ont déjà accumulé beaucoup de chaleur. Cette situation explique pourquoi la canicule actuelle prend davantage d’ampleur que prévu initialement, avec des températures très élevées qui devraient persister au moins jusqu’au 13 juillet, voire autour du 15 juillet selon les régions.
La #vaguedechaleur caniculaire qui concernera la France s'annonce durable, et hélas un peu plus intense qu'anticipé. Notre pays est totalement piégé, entouré d'une mer en surchauffe et par la #sécheresse des sols et de l'air. Tous les ingrédients sont réunis pour… pic.twitter.com/k8eX2TqBL5
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) July 5, 2026
Un pays déjà surchauffé avant même le pic de l’été
Cette canicule ne démarre pas sur un terrain neutre. Depuis mai, la France a connu plusieurs séquences très chaudes, avec un mois de juin historiquement chaud marqué par une canicule précoce et intense. Résultat : les températures de fond sont déjà élevées, les nuits ont parfois eu du mal à rafraîchir l’air et les sols ont progressivement perdu leur humidité.
Dans ce contexte, chaque nouvelle poussée chaude part d’un niveau déjà élevé. Il faut donc moins d’énergie pour atteindre des seuils caniculaires, notamment dans le sud, l’ouest et le centre du pays. C’est l’un des facteurs qui explique la rapidité avec laquelle les températures peuvent grimper vers 35 à 40°C, localement davantage dans le sud-ouest et l’Occitanie.
Des sols secs qui amplifient la chaleur
La sécheresse joue aussi un rôle majeur. Lorsque les sols sont encore humides, une partie de l’énergie solaire sert à évaporer l’eau contenue dans la végétation et les terres. Cela limite en partie la hausse des températures. Mais, lorsque les sols sont secs, cette évaporation devient très faible : l’énergie disponible chauffe alors directement l’air près du sol.
C’est ce mécanisme qui renforce la canicule actuelle. Les sols desséchés favorisent des températures maximales plus élevées l’après-midi, en particulier dans les plaines intérieures, les zones agricoles et les régions déjà peu arrosées depuis plusieurs semaines. Cela aggrave aussi le risque d’incendies, car la végétation devient de plus en plus inflammable.

Une situation à surveiller de près
Cette canicule de juillet est donc plus longue et plus intense que prévu parce qu’elle s’ajoute à un contexte déjà très défavorable : chaleur accumulée depuis mai, mois de juin exceptionnel, sols secs, mers surchauffées et blocage anticyclonique durable. Tous ces facteurs se combinent et se renforcent mutuellement.
Au-delà des températures maximales, c’est la répétition des journées très chaudes, la hausse progressive des nuits tropicales et l’absence de pluie qui rendent cet épisode particulièrement préoccupant. Les prochains jours seront déterminants pour la santé, la ressource en eau, l’agriculture et le risque d’incendies, qui pourrait continuer de s’étendre à de nombreuses régions.