La comparaison avec 2003 doit être maniée avec prudence, car l’épisode d’août 2003 reste inégalé par sa sévérité globale, sa durée et son impact sanitaire. Mais plusieurs signaux rapprochent désormais la canicule actuelle des plus grands épisodes observés. Sa durée pourrait atteindre près de deux semaines, avec une chaleur installée sur une grande partie du pays et seulement de faibles variations au nord de la Loire ou au gré des orages. Surtout, son intensité maximale pourrait dépasser celle de 2003, avec un indicateur thermique national susceptible d’atteindre ou de dépasser 30°C, un niveau potentiellement inédit à l’échelle nationale.
Un engrenage qui s'autoentretient
Le mécanisme météo explique cette persistance : une masse d’air subtropicale très chaude s’est installée sur la France, piégée sous un dôme de hautes pressions. L’air y descend, se comprime et se réchauffe, tandis que les journées les plus longues de l’année maximisent l’ensoleillement. L’engrenage s’auto-entretient ensuite : les nuits refroidissent mal, les sols s’assèchent, l’évaporation diminue et la chaleur devient plus difficile à évacuer. Cette situation semble bloquée toute la semaine prochaine. Une atténuation par le nord reste probable autour du week-end du 28 juin avec l’affaissement du dôme vers le sud, mais elle pourrait n’être que temporaire si des régimes chauds se réinstallent en juillet.
Sans égaler encore la référence de 2003 dans sa globalité, cette canicule s’en rapproche donc par plusieurs marqueurs majeurs : intensité exceptionnelle, durée inhabituelle et blocage atmosphérique durable.