La température mondiale moyenne a atteint un niveau supérieur de 0,55°C à la moyenne 1991-2020 et de 1,42°C par rapport à l'ère préindustrielle (1850-1900). Ces valeurs illustrent la poursuite du réchauffement climatique observé depuis plusieurs décennies.
Cette chaleur ne concerne pas seulement l'atmosphère. Les océans affichent eux aussi des températures exceptionnellement élevées, avec une température moyenne de surface de la mer de 20,9°C, là encore la deuxième valeur la plus élevée jamais observée pour un mois de mai.
Le retour d'El Niño pourrait renforcer les extrêmes météorologiques
L'un des principaux signaux surveillés par les climatologues concerne l'évolution du Pacifique tropical.
Les températures de surface de la mer restent exceptionnellement élevées dans le Pacifique équatorial, où les conditions évoluent progressivement vers un épisode El Niño. Les prévisions indiquent qu'il pourrait s'installer au cours des prochains mois.
Ce phénomène naturel modifie les échanges atmosphériques à l'échelle planétaire et peut favoriser de nombreux événements extrêmes : vagues de chaleur, sécheresses, pluies diluviennes ou encore perturbations des saisons cycloniques selon les régions du monde.
Pourquoi l'Europe a-t-elle connu une chaleur aussi précoce ?
Après une première moitié de mois souvent fraîche, un changement brutal s'est produit autour du 20 mai. En quelques jours seulement, une grande partie de l'Europe occidentale est passée de températures inférieures aux normales à une vague de chaleur remarquable pour la saison.
La France, le Royaume-Uni, l'Irlande et le Portugal ont battu de nombreux records mensuels de température. Dans plusieurs régions, les températures ressenties ont atteint 35 à 40°C, des niveaux généralement observés en plein été.
Cette transition extrêmement rapide a laissé peu de temps aux populations, aux cultures agricoles et aux écosystèmes pour s'adapter à ces conditions inhabituelles.
La France au cœur d'une vague de chaleur historique
La France a figuré parmi les pays les plus touchés par cet épisode exceptionnel.
De très nombreux records mensuels ont été battus entre le 21 et le 30 mai, avec des températures atteignant localement près de 40°C. L'épisode s'est distingué non seulement par son intensité mais aussi par sa précocité, un tel niveau de chaleur étant habituellement observé plusieurs semaines plus tard dans la saison.
Cette situation s'inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années : les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus intenses et surviennent de plus en plus tôt au printemps.