Pourquoi fait-il si doux en France cette semaine ?

Régis Crépet
Par Régis Crépet, Météorologue
La France connaît un pic de douceur remarquable, avec des températures parfois 10 à 12 °C au-dessus des normales de saison. Cette situation n’est pas inédite en février, mais elle s’inscrit dans une configuration bien connue… et de plus en plus fréquente.

Une configuration atmosphérique typique des coups de chaud de février

La situation synoptique actuelle est classique : une dépression atlantique positionnée au large du Portugal et un anticyclone centré sur l’Europe centrale organisent un flux de sud à sud-ouest sur la France. Ce courant puise une masse d’air douce d’origine subtropicale, parfois chargée en poussières sahariennes, qui traverse l’Espagne avant de remonter vers notre pays. Ce schéma est identique à celui observé lors des coups de chaleur historiques de février 1926, 1958, 1960 ou 1961, lorsque les 20 à 25 °C avaient été atteints sur de nombreuses régions. Ainsi, février1960 reste le plus marquant avec jusqu’à 31,5 °C au pied des Pyrénées et 29 °C à Biarritz. A l’échelle nationale toutefois, c’est février 1990 qui reste la référence moderne, avec une température moyenne exceptionnelle proche de 10 °C sur l’ensemble du pays et une douceur durable pendant plusieurs semaines. Ces épisodes ne sont donc pas nouveaux dans leur mécanique atmosphérique.

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Crédit : La Chaine Météo

Un effet de foehn qui accentue la hausse des températures

À cette circulation de sud s’ajoute un effet local amplificateur : le foehn. L’air doux franchit les Pyrénées, s’assèche en perdant une partie de son humidité sur le versant sud, puis redescend vers le piémont français en se comprimant et en se réchauffant davantage. Ce mécanisme explique des valeurs particulièrement élevées dans le Sud-Ouest, parfois supérieures de plusieurs degrés aux prévisions initiales. Le ciel peut également prendre un aspect voilé sous l’effet des poussières sahariennes transportées en altitude.

Des situations similaires mais plus fréquentes dans un climat qui se réchauffe

Si la circulation atmosphérique responsable de ces redoux n’a pas fondamentalement changé, leur fréquence augmente. Ainsi, la température moyenne de février en France a gagné environ +1,5 °C depuis le milieu du XXe siècle. Les épisodes de douceur marquée en hiver sont désormais plus nombreux et plus précoces. Ainsi, sans battre systématiquement des records absolus, ces coups de chaud deviennent plus faciles à atteindre dans un contexte de réchauffement global, ce qui explique leur répétition accrue ces dernières années.

En définitive, ce pic de douceur n’a rien d’inédit dans sa mécanique atmosphérique, mais sa répétition de plus en plus fréquente illustre l’évolution progressive de notre climat : les coups de chaud hivernaux ne sont pas nouveaux, ils deviennent simplement plus faciles à atteindre et plus réguliers. Ils favorisent l'éveil précoce de la végétation, qui devient ainsi plus vulnérable au gel tardif qui peut toujours survenir jusqu'en avril.

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