Conformément à nos prévisions initiales, les températures se situent sur un plateau cette semaine et devraient entamer une baisse la semaine prochaine. Ainsi, il fera assez froid en France pour la fin janvier et le début février, avec un risque de neige à basse altitude en raison des conflits de masses d'air. Mais cette évolution n'est pas fiable, et le risque d'une vraie « vague de froid » semble de plus en plus faible.
Une Europe coupée en deux : blocage à l’est, perturbations au sud
Actuellement, on assiste à un bras de fer de masses d’air : l’air froid résiste sur l’Europe centrale et nordique, tandis que l’air atlantique tente de reprendre la main. Les perturbations circulent alors sur une trajectoire âbasseâ, glissant de l’Atlantique nord vers la péninsule ibérique via les Pyrénées, pendant qu’un blocage anticyclonique s’étire sur l’Europe centrale. Ce statu quo se maintient toute la semaine, expliquant un contraste ouest-est météorologique.

Fin janvier : conflit de scénarios, fiabilité limitée

À l’échéance de la fin du mois, le point clé est le placement du blocage anticyclonique : s’il se décale vers l’ouest, il peut favoriser un flux continental plus froid sur la France; s’il reste à l’est, les perturbations océaniques gardent de l’influence⦠et la France reste entre les deux. C'est la probabilité la plus nette à ce jour.
À ce stade, le scénario le plus plausible reste le maintien de températures proches des moyennes, un peu plus basses vers le nord-est, avec un risque de neige surtout dans la zone de conflit entre air froid continental et air plus doux/océanique.

Or, il suffit de petites ondulations du jet-stream pour décaler de quelques centaines de kilomètres la limite entre masses d’air : et, d’un coup, le scénario peut basculer (pluie plutôt que neige, gel plus ou moins marqué, redoux plus rapideâ¦). Les signaux stratosphériques tels un réchauffement soudain (Sudden Stratospheric Warming) peuvent aussi peser sur la circulation, mais de manière indirecte et avec un délai : c’est un élément de contexte à surveiller, mais pas un déclencheur automatique. Enfin, pour être exhaustif, il ne faut pas écarter un scénario plus océanique : une reprise des perturbations atlantiques peut rapidement remettre le flux d’ouest aux commandes, avec vent, pluie et redoux à la clé.
On surveille donc attentivement la fin de ce mois de janvier, où rien n'est calé, si ce n'est un retour vers un froid de saison, mais pas pour l'heure de « vague de froid certaine » avec des dates déterminées. La tendance se jouera sur le positionnement du blocage anticyclonique et du jet, encore trop incertains à cette échéance.