Depuis début décembre 2025, le nord de l’Eurasie subit un froid durable et parfois extrême. Après un recul actuel, nous surveillons un possible décalage de ces masses d’air glacial vers l’ouest de l’Europe autour du 25 janvier, pouvant concerner la France en fin du mois.

Un froid intense et durable en Scandinavie et en Sibérie
La vague de froid qui frappe la Scandinavie et la Sibérie depuis début décembre 2025 marque l'un des épisodes les plus intenses de ces dernières années.
En Laponie finlandaise, –42,8 °C ont été mesurés à Savukoski–Tulppio le 9 janvier 2026, illustrant l’intensité de la masse d’air en place.
La Finlande a aussi connu une séquence exceptionnellement froide : à Sodankylä–Tähtelä, la moyenne du 1er au 10 janvier a atteint –29,3 °C, soit 16,5 °C sous la normale, classée 3e plus froide sur cette période depuis 1907 (derrière 1987 et 1918).
En Suède, la station de Gielas est descendue vers –40,8 °C, confirmant un épisode marqué à l’échelle de la Fennoscandie. A Stockholm, les minimales ont frôlé les -20 °C, rappelant l'hiver rigoureux de 2010.
En Sibérie, les extrêmes sont encore plus sévères : des températures avoisinant les -60 °C ont été relevées en Yakoutie, avec des anomalies de 10 à 20 °C en dessous des normes. À Yakoutsk, les thermomètres ont oscillé entre -50 °C et -56 °C, forçant la fermeture d'écoles et perturbant la vie quotidienne. Cette persistance du froid évoque l'hiver 2018-2019, où Novossibirsk avait atteint -40 °C. Avec le réchauffement climatique, on s'aperçoit que de tels événements deviennent moins fréquents mais plus intenses lorsqu'ils surviennent.
Sur de vastes zones, les anomalies ont pu atteindre –10 à –20 °C sous les normales, signe d’un réservoir froid particulièrement puissant et étendu.

Un “Moscou–Paris” fin janvier : un scénario surveillé malgré de grandes incertitudes
Certains modèles numériques tel le ECMWF (modèle européen à long terme) indiquent un risque croissant de déplacement des réserves d'air froid vers l'ouest européen d'ici la fin janvier.
Pour que la France bascule, il faut un blocage de hautes pressions vers la Scandinavie et une advection d’air continental de nord-est ou d'est, potentiellement sous la forme d'un axe "Moscou-Paris".
Un affaiblissement du vortex polaire (éventuellement favorisé par un réchauffement stratosphérique) pourrait augmenter le risque de décrochages froids vers l’Europe. Bien que les incertitudes persistent à ces échéances, cette configuration pourrait marquer un tournant hivernal pour la France autour du 25 janvier.
À ce stade, l’enjeu principal reste la position du blocage : un léger décalage peut envoyer le froid vers l’Europe centrale… ou laisser la France sous influence océanique comme cette semaine.