Nappes phréatiques : recharge hivernale lente, possibles tensions cet été

Regis Crepet
Par Regis Crepet, Météorologue
Malgré l’hiver, la recharge des nappes phréatiques reste lente et très inégale selon les régions. Après des pluies insuffisantes ou mal réparties, plusieurs aquifères peinent à remonter, ce qui place déjà le printemps en période charnière : sans épisodes pluvieux durables, le risque de tensions sur la ressource en eau pourrait réapparaître cet été.

Une recharge satisfaisante mais hétérogène

En ce cœur d’hiver, la situation des nappes est globalement satisfaisante, avec une recharge parfois précoce mais mal répartie. Certaines nappes n’ont réellement commencé à remonter que fin décembre : déficit en Alsace, alors que le sud-est et l’Occitanie ont été très arrosés, ce qui a aidé à rééquilibrer une partie du territoire. Au nord-ouest, sur le Bassin parisien, l’Artois et le bassin Rhin-Meuse, les niveaux restent moyens voire en baisse, et la remontée s’annonce lente dans les prochaines semaines. À l’inverse, le Languedoc-Roussillon et le sud du Massif central affichent une nette amélioration, avec des nappes désormais au-dessus des normales. L’impact de la sécheresse automnale n’est pas totalement effacé : là où la recharge a pris du retard, des niveaux durablement sous les normales peuvent persister jusqu’au printemps, sauf épisode pluvieux marqué.

Les semaines à venir seront déterminantes pour l’été

Dans les Pyrénées-Orientales, la sécheresse qui dure depuis 2022 s’atténue, mais la normalisation est incomplète : les Corbières sont bien rechargées, tandis que les nappes alluviales et profondes du sud du département restent encore sous les niveaux de 2022, avec un retour à l’équilibre qui prendra du temps. À l’échelle nationale, le BRGM indique qu’au 1er janvier, 63 % des nappes sont en hausse et 25 % en baisse ; 46 % sont au-dessus des normales et 30 % en dessous, signe d’une recharge encourageante mais lente. Si les pluies se maintiennent régulièrement, le risque de tensions estivales resterait limité ; en revanche, un net affaiblissement des précipitations au printemps, comme envisagé par nos prévisions saisonnières, augmenterait la vulnérabilité de plusieurs régions. La fonte nivale jouera enfin un rôle clé entre mai et juin, notamment pour les Alpes du Sud et les Pyrénées.

Globalement satisfaisantes, les nappes restent très contrastées : certaines régions (Bassin parisien, Artois, Rhin-Meuse) accusent encore du retard malgré une recharge en cours. Tout se jouera d’ici le printemps : pluies régulières et fonte nivale favorable limiteraient les tensions, sinon l’été pourrait redevenir sensible.

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