Le passage à l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026. À 3 heures du matin, il sera de nouveau 2 heures, vous devrez reculer vos réveils, montres et autres horloges de 60 minutes. La France repassera alors dans un créneau horaire en temps universel de UTC+2 à UTC+1. Pour beaucoup d’entre vous, le changement se fera sans même y penser : smartphones, ordinateurs et objets connectés se mettront automatiquement à l’heure. Mais dimanche matin, un détail sera appréciable : vous disposerez, en théorie, d’une heure de sommeil supplémentaire.
Pourquoi ce changement d’heure 2026 est-il particulier ?Cette année, le changement intervient le 25 octobre, soit la date la plus précoce possible puisque le passage à l’heure d’hiver est fixé au dernier dimanche d’octobre. Cette précocité ne s’était plus produite depuis 2020, et ne se reproduira pas avant 2037. Dès le dimanche soir, l'heure du coucher de soleil interviendra environ une heure plus tôt, mais vous retrouverez davantage de lumière le matin. C’est souvent ce contraste qui donne l’impression, du jour au lendemain, que « l’hiver est arrivé ».
Autre symbole : 2026 marque les 50 ans de la réintroduction du changement d’heure en France. Décidée après le choc pétrolier des années 1970 afin de réduire les besoins d’éclairage, la mesure a été appliquée pour la première fois sous sa forme actuelle en 1976.
Comment mieux supporter le passage à l’heure d’hiver ?Au-delà des débats historiques ou énergétiques, le changement d'heure a des effets tangibles sur notre santé. À l'automne, notre organisme est déjà mis à l'épreuve par divers facteurs. Le passage à l'heure d'hiver peut perturber notre horloge interne, un peu comme un décalage horaire.
Les recherches montrent que le changement d’heure, en particulier le passage à l’heure d’été, peut perturber les rythmes circadiens, entraînant une hausse des troubles du sommeil, des accidents cardiovasculaires, et une diminution des performances cognitives durant les jours suivant ce changement. Une étude publiée dans la revue Sleep Medicine en 2020 (en anglais) a montré une augmentation de 6 % des accidents vasculaires cérébraux dans les jours suivant le changement d'heure.
« La période de transition suivant le changement d'heure connaît également une augmentation des accidents du travail, des accidents de la route et des erreurs médicales en raison de la privation de sommeil et des altérations cognitives », selon le président de l'Académie américaine de médecine du sommeil (AASM).
Pour mieux vivre ce changement, consultez ces quelques conseils. Vous pouvez notamment adapter progressivement votre rythme de sommeil quelques jours avant le changement, vous exposer à la lumière naturelle le matin et éviter les écrans le soir.
Pourquoi change-t-on toujours d’heure alors que sa suppression avait été annoncée ?La question revient chaque année : le changement d’heure ne devait-il pas disparaître ? En mars 2019, le Parlement européen s’était effectivement prononcé en faveur de la fin des changements saisonniers, mais le projet s’est enlisé. Les États européens doivent notamment coordonner leur choix entre heure d’été et heure d’hiver permanentes afin d’éviter une multiplication des régimes horaires entre pays voisins. A ce jour aucun accord définitif n'a été adopté. La réglementation européenne actuelle reste donc en vigueur : sauf nouvelle décision, nous continuerons à avancer nos montres au printemps et à les reculer à l’automne.
De quand date la mise en place du changement d'heure ?L'histoire du changement d'heure est fascinante. Sa première mise en œuvre, en 1916, visait à économiser l'énergie, surtout le charbon, durant la Grande Guerre. Mais l'histoire se complique pendant la Seconde Guerre mondiale : la France, sous occupation allemande, voit ses horloges ajustées pour correspondre à l'heure de Berlin. Durant l'occupation, la France a été coupée en deux, avec d'un côté l'heure de Vichy et de l'autre l'heure de la « France libre ». Cette « heure allemande » ne survit pas à la Libération, mais les crises énergétiques des années 70 (notamment le choc pétrolier de 1973) ont ravivé la pratique.
Le changement d'heure pour économiser l'énergie est-il réellement efficace ?Historiquement, l’un des objectifs principaux du changement d’heure était de réaliser des économies d’énergie, notamment en synchronisant mieux nos activités avec l’utilisation de la lumière naturelle. Cependant, les études récentes montrent que les économies d’énergie réalisées sont minimes, voire inexistantes dans certains pays. Mais avec nos modes de vie modernes, centrés sur les soirées, les avantages semblent s'estomper.
Une étude menée par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) en 2010 indiquait que le changement d’heure permettait de réduire la consommation d’électricité d’environ 0,07 %, ce qui reste assez faible par rapport à l’objectif initial.
Quel que soit votre avis sur le changement d'heure, il est intéressant d'en comprendre les origines, les enjeux, et les impacts potentiels sur notre santé. Et, au moins cette année, vous n'oublierez pas de régler vos montres.