Le défilé aérien est un rendez-vous très attendu des Français, au même titre d’ailleurs que les feux d’artifice. Il est préparé minutieusement des mois à l’avance.
Comme souvent dans les opérations militaires, la météo est l’un des aspects opérationnels importants… Elle entraîne souvent des prises de décisions dans la planification et la réalisation des missions. À ce titre, elle est souvent considérée comme le nerf de la guerre…

"Quels sont les paramètres les plus dangereux??"
Le défi est grand : faire voler des avions de tailles et poids différents, tous proches les uns des autres, devant adapter leur vitesse en permanence tout en gardant une trajectoire et un axe parfait. Il faut veiller à la sécurité des vols lorsque les aéronefs sont dans les zones d’attentes. Ils doivent être parfaitement alignés et dans les temps : à deux ou trois secondes près, ce qui n’est pas chose aisée lorsque les appareils n’ont pas du tout les mêmes caractéristiques.
En patrouille serrée, le vent peut être un aspect dangereux durant le vol, que ce soit sur le circuit d'attente ou sur les champs, les chasseurs restent plus réactifs aux commandes que les gros porteurs, mais aussi plus sensibles au vent. La visibilité et la traversée de couches nuageuses peut aussi avoir son importance, surtout pour les gros porteurs. Les aéronefs doivent suivre 6 étapes d’alignement et rester espacés. Le timing est précis à 3 secondes et la vitesse à 10 km/h près.
Les troupes aux sols seront plus sensibles à la température et à l’humidité. Les parachutistes devront voir le sol pour pouvoir se repérer durant leurs descentes et ne pas subir de vents trop forts.
"Comment est gérée la sécurité d’un tel évènement ?"
Pour la sécurité, des hélicoptères (MASA : Mesure Active de Sûreté Aérienne) et des tireurs d’élites protègent la zone. La Permanence Opérationnelle avec les Mirages 2000 est en charge d’intercepter les appareils voulant pénétrer dans l’espace aérien français et a été mise en place après les attentats de New-York.
Trois tours de contrôle et des contrôleurs aériens sur l’Arc de Triomphe gèrent l’ensemble du trafic aérien avec une forte préparation dans les zones d’attente, aussi appelé « hippodrome » où « stack » situé aux alentours de Paris pour permettre un alignement rapide et efficace de la centaine d’appareils évoluant pour le défilé (66 avions et 28 hélicoptères environs). Le circuit standard fait quatre minutes : 1 Point d’entrée, un virage standard de 180°, un éloignement d’une minute, un second virage et un retour sur balise où un cap de sortie. Dans certains cas, les contrôleurs peuvent étager les différents appareils et les espacés de 500 à 1000 ft par exemple. (150 à 300m) C’est souvent le cas des aéroports où le trafic est dense, pour réguler le trafic et les arrivées des avions qui volent aux instruments où à vue, lorsque les conditions d’atterrissages sont impossibles, lorsque les conditions météorologiques sont dégradées où lorsqu'un avion présente un caractère urgent où prioritaire (exemple : panne radio où “short petrol” : panne carburant) Les avions sont alors placés en attente pour ne pas prendre de risque et maintenir la sécurité des vols.
Les tours de contrôle gèrent également les zones de restriction et établissent des NOTAM qui sont des notifications permettant d'informer les usagers de l'espace aérien des restrictions et autres modifications temporaires de l'espace aérien. Ils se présentent sous la forme d'un texte court.
Bon défilé à tous, et vive la France.