Depuis le début du mois de juin, les températures océaniques de l'Atlantique Nord et de la Méditerranée sont de 2 à 4°C supérieures aux moyennes de saison, et localement jusqu'à +5°C comme dans le golfe de Gascogne actuellement. Mais, d'une façon globale, les températures océaniques planétaires sont plus élevées que la normale. Le terme de "vague de chaleur marine" a été utilisé pour mettre en exergue ce phénomène, "lorsque la température de surface de la mer est plus élevée que 90% du temps pendant plus de cinq jours", selon Raphaël Seguin, biologiste marin à l'UMR Marbec de l'Université de Montpellier.
L'absence de vent et l'ensoleillement responsables de cette vague de chaleur marine

Dans ce contexte, les températures de l'eau avoisinent parfois 20 à 23°C dans le golfe de Gascogne, même au large, et de 17 à 18°C au sud de l'Irlande et sur les Cornouailles anglaises. La mer du Nord affiche aussi, par endroit, des valeurs proches de 17°C. Sur les plages du sud de la Bretagne, la mer atteint déjà 20°C.
Ce même principe d'un temps calme, chaud et sans vent s'est observé aussi en Méditerranée ces dernières semaines, conduisant à une hausse significative des températures de l'eau, atteignant 23 à 25°C localement.
Toutes ces températures sont dignes d'une mi-juillet. Cela dit, l'évolution ultérieure dépendra grandement des conditions météo à venir. En Méditerranée par exemple, il suffira de 3 jours de mistral et de tramontane pour faire baisser ces températures de 2 à 3°C, ce qui se produit chaque été. Pour l'Atlantique Nord, l'arrivée de dépressions sur les îles britanniques va rompre le processus de réchauffement lié au calme anticyclonique, et le vent va brasser les eaux et accentuer le transfert de chaleur dans l'atmosphère. Il faut s'attendre à une baisse progressive des températures sur ces zones. En revanche, plus au sud, entre les côtes marocaines et les Antilles, sur l'océan intertropical, les températures élevées actuellement devraient persister, notamment en raison d'alizés plus faibles que d'habitude.