Depuis le début du mois de décembre, notre hiver souffle le froid et le chaud. Ces variations ont été importantes et surtout étonnamment réglées par quinzaine. Il semblerait que ce régime d'alternance se maintienne en février. Comment expliquer ces variations ?
Jusqu'à présent, notre hiver n'est pas froid, avec, en moyenne, +0,6°C en décembre et +0,9°C pour ce mois de janvier. Ces chiffres masquent des disparités très importantes avec des variations de près de 15°C qui ont pu s'observer en décembre et en janvier en raison, notamment, du jet stream.
Une alternance de quinzaines froides et très douces
Après le bref redoux de la fin janvier, la première décade de février sera, à nouveau, soumise à l'influence d'un anticyclone regonflant sur l'Europe centrale. Cette situation, qui devrait persister une dizaine de jours, engendrera des vents d'est avec un temps sec et froid. Pour la suite, la deuxième quinzaine de février pourrait être à nouveau plus douce. Ces alternances anticycloniques ne permettent pas au flux perturbé océanique de s'installer longtemps, ce qui explique le relatif déficit pluviométrique qui persiste dans certaines régions et qui limite le remplissage correct des nappes phréatiques.
Ces situations météorologiques bloquées semblent plus fréquentes dans l'actuelle décennie, alors qu'à l'inverse, la décennie 1990 - 2000 avait été marquée par une récurrence de flux perturbé générateurs de tempêtes et d'inondations. Selon certaines études (1), le réchauffement climatique pourrait favoriser ce type de situation, en lien avec le ralentissement du jet stream et la prédominance de ceintures anticycloniques très puissantes, là où devraient plutôt circuler les dépressions.
(1) une étude publiée en 2012 soulignait déjà cette possibilité : Les modèles globaux projettent-ils plus de blocages anticycloniques en Europe pour le futur ?