Le bilan définitif de l'année 2022 a été communiqué par l'observatoire européen du climat COPERNICUS à l'occasion d'une conférence de presse ce mardi. Au total, l'année 2022 a été la 5 ème plus chaude depuis le début des relevés au niveau planétaire, et la 2 ème plus chaude pour le continent européen. Voici les faits marquants de cette année.
L'année 2022 figure en 5 ème position des années les plus chaudes à l'échelle planétaire selon l'observatoire européen du climat COPERNICUS. À l'échelle de l'Europe, il s'agit de la 2 ème année la plus chaude. Notre continent est celui qui se réchauffe le plus sur la planète, et la France vient de connaître son année la plus chaude. Comment expliquer une telle évolution ?
La 5ème année la plus chaude à l'échelle planétaire
La planète a connu sa 5ème année la plus chaude avec +1,2°C au-dessus du niveau de l'époque pré-industrielle, en 1850, et de +0,3°C au-dessus de la moyenne de référence 1991 - 2020. Il convient de noter cependant une légère marge d'incertitude concernant ce classement, qui pourrait être compris entre la 5ème et la 7ème position, ce qui sera affiné une fois que tous les ensembles de données seront disponibles en avril 2023 au plus tard. On observe également que toutes les années les plus chaudes ont été observées depuis 2014, les 8 dernières se situant à +1°C au-dessus du niveau pré-industriel.
Ce classement en 5ème position intervient alors que le climat était sous l'influence de la Nina, phénomène océanique dans le Pacifique dont l'effet rafraichissant au niveau planétaire est connu. Cela peut signifier que la fin prévue de la Nina en 2023 risque de s'accompagner d'une nouvelle hausse des températures globales.
En 2022, aucun mois n'a atteint des records absolus de chaleur pour le globe, mais chacun des mois de juin, juillet et août a été classé parmi les trois plus chauds.
Les faits climatiques principaux ont été marqués par des vagues de chaleur très longues et intenses de mai à octobre dans l'hémisphère nord, notamment en Inde et en Chine, tandis que des inondations liées à une mousson humide exceptionnelle ont ravagé le Pakistan en août. Par ailleurs, la Nina a persisté pour la 3ème année consécutive dans l'océan Pacifique, entrainant un climat plus froid et plus humide en Australie.
L'Antarctique a connu en février 2022 sa plus petite superficie en 44 ans de mesures par satellite, tandis que l'Arctique reste la zone du globe qui connait le réchauffement climatique le plus marqué.
Europe : la 2ème année la plus chaude
Le retour prévu d'El Nino cette année va-t-il impacter directement le climat de l'Europe ?
El Nino est l'inverse de la Nina dans l'océan Pacifique. Alors que la Nina désigne une anomalie froide des eaux de l'océan Pacifique, El Nino se caractérise par une anomalie chaude. Ces anomalies recouvrent de telles immenses superficies qu'elles sont capables de modifier le climat de la zone intertropicale. Par "effet domino", des conséquences indirectes peuvent se faire ressentir sur des régions plus éloignées. Mais pour l'Europe, les "téléconnections" ne sont pas évidentes. Si El Nino a tendance à faire monter les températures planétaires, il n'y a pas de corrélation directe clairement établie avec le climat européen. Ainsi, il est possible de dire que l'année 2023 pourrait être plus chaude que 2022 au niveau planétaire (ce qu'a indiqué le Met Office en début janvier), mais sans davantage de précisions concernant l'Europe.
On retiendra en conclusion que les années les plus chaudes au niveau planétaire se sont produites depuis 2014, et que l'Europe, se réchauffant plus rapidement que les autres continents, a connu son été le plus chaud et sa deuxième année la plus chaude en 2022. Le phénomène La Nina dans l'océan Pacifique a certainement contribué à faire de cette année la 5ème la plus chaude, mais la fin de la Nina cette année pourrait faire repartir à la hausse ces températures planétaires.