Risque d'hiver froid, consommation d'énergie : qu'en sera-t-il vraiment ?

Régis Crépet
Par Régis Crépet, Météorologue
Alors que les températures baissent temporairement en cette fin de semaine, le véritable froid n’est pas encore en vue pour ces 10 prochains jours sur la France. Cependant, avec l’avancée dans la saison, et dans un contexte énergétique tendu, la typologie de notre hiver à venir suscite d’ores-et-déjà de nombreuses questions, la principale étant de savoir s’il sera froid et quel serait alors le mois le plus froid.

Nos prévisions saisonnières, actualisées chaque 10 du mois, faisaient état dans le bulletin du 10 octobre d’un hiver qui serait globalement assez proches des moyennes de saison, ce qui n’était plus arrivé depuis 2017. La prochaine mise à jour confirmera cette tendance, et, à ce jour, nous pouvons d’ores-et-déjà anticiper un hiver plus froid que les derniers, lesquels avaient été très doux en particulier depuis 2018.

A un mois de l'hiver météorologique, et dans le contexte énergétique que nous connaissons, que prévoyez-vous pour la saison 2022-23 ?

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Crédit : La Chaîne Météo

Depuis 20 ans, les hivers ont connu une profonde transformation en France. Alors qu’une série froide s’est manifestée entre 2009 et 2013, ils sont désormais supérieurs aux moyennes de saison. Cela n’exclut pas des périodes plus froides mais dont les rigueurs ne sont plus comparables aux hivers du XX siècle. Les indicateurs thermiques des hivers depuis 1935, qui indiquent la moyenne au niveau de la France, montrent bien cette évolution : la moyenne décennale des températures des hivers était de 3,9°C jusqu’en 1948, de 4,6°C jusqu’en 1958, de 4,4°C jusqu’en 1968, de 5,4°C jusqu’en 1978, de 5°C jusqu’en 1988, de 5,7°C jusqu’en 1998 et 2008, puis de 6,1°C jusqu’en 2018. Nos hivers se sont réchauffés, en moyenne, de 2°C en France.

Dans une société qui consomme davantage d’années en années, il suffit malgré tout d’un hiver « dans les normales » pour créer des tensions énergétiques, qui peuvent devenir plus problématiques dans la conjoncture actuelle. Il est heureux que la France ne subisse plus les rigueurs des hivers des années 1980, notamment celui de 1985, qui serait désormais au-delà des capacités actuelles du système électrique (1).

Il semble que l’hiver à venir soit donc plus froid que les 6 derniers, ce qui sera sans doute plus problématique sur le plan de la consommation énergétique, mais sans atteindre les rigueurs du dernier hiver froid en 2013. On devra chauffer davantage que ces 3 dernières années où les hivers ont été particulièrement doux. Et on chauffera probablement plus durablement, de décembre à mars, ce qui, si cela se confirme constituerait une mauvaise nouvelle pour le portefeuille des ménages.

(1) Sylvestre Huet, Le Monde

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