Vous annoncez une vague de chaleur à partir de lundi prochain. Pourquoi parler de vague de chaleur plutôt que de coup de chaud ou pic de chaleur ?
Régis Crépet : Une vague de chaleur est un épisode prolongé de températures anormalement élevées généralement supérieures de 3 à 5°C par rapport à la température moyenne mensuelle. Cette durée doit être supérieure à trois jours et doit être aussi étendue géographiquement, ce qui sera le cas la semaine prochaine, où nous serons par endroit jusqu’à 8°C au-dessus de ces moyennes. Si l’anomalie chaude est plus prononcée et se maintient pendant les nuits, on parle alors de canicule. En revanche, si l’épisode est court ou plus localisé, on parle de coup de chaleur.
L'arrivée de la #chaleur se confirme pour la semaine prochaine 🌡️ Il s'agira d'une chaleur modérée au nord de la Loire, mais plus marquée et assez durable au sud de la Loire. Les températures seraient de 3° à 5°C supérieures aux moyennes pendant la semaine 🥵 pic.twitter.com/zptb9uvkNO
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) May 3, 2022
Quelles sont les régions concernées et les températures attendues ?

RC : La fiabilité concernant le changement global de configuration météo est bonne. Alors que l’anticyclone de mer du Nord prédominait jusqu’à présent avec un flux de nord-est, l’anticyclone des Açores remonte sur la France en ce début de semaine, apportant de l’air chaud subtropical. Le beau temps chaud est garanti au sud de la Loire jusqu'à Paris.
À l’approche de l'été, la sécheresse fait déjà parler d’elle avec un déficit important sur de nombreuses régions. La situation à venir est-elle préoccupante ?
RC : La sécheresse des sols superficiels est déjà bien présente sur notre territoire depuis la fin de l’hiver, avec des déficits pluviométriques atteignant 60 % au nord de la Seine, dans les plaines du centre-est, et jusqu’à 80 % en PACA. Tant que les températures restaient tempérées, l’évaporation de la végétation restait modérée, mais avec l’arrivée de la chaleur, l’évapotranspiration sera accentuée et les sols sécheront d’autant plus rapidement, ce qui aggravera rapidement la situation. On peut donc raisonnablement être préoccupé par cette situation alors que l’été n’a même pas commencé.
Cela signifie-t-il que l’été sera caniculaire ?
RC : Non. Une vague de chaleur en mai n’est pas synonyme d’un été chaud, le climat et l’atmosphère ne sont pas aussi disciplinés ! Si on regarde les statistiques, on constate que des mois de mai secs et chauds sont plutôt suivis d’étés avec les mêmes caractéristiques à environ 60 %. Mais si l’on prend 2011, 2017 et 2020, trois années récentes avec des mois de mai très chauds, on constate que l’été 2011 fut simplement standard, l’été 2017 assez chaud et sec, et l’été 2020 particulièrement chaud.
Néanmoins, on peut essayer de répondre à la question de la typologie de l’été à venir avec nos prévisions saisonnières. Mi-avril, elles voyaient un été plus sec et plus chaud que la moyenne sur la France, mais sans excès notable. Nous verrons si cette tendance se confirme lors de l’actualisation le 10 avril.