Chaque mois, La Chaîne Météo revient sur les principales caractéristiques climatiques qui règnent à cette époque de l'année en France métropolitaine. Le mois de janvier est statistiquement le mois le plus froid en France, parfois marqué par des vagues de froid sévères. Il est aussi un mois de tempêtes et d’inondations, telle la crue centennale de la Seine en janvier 1910. Focus sur ce qui peut vous attendre durant ce mois en France.
Janvier est le mois le plus hivernal en France. La lente augmentation de la durée du jour n’est pas suffisante pour atténuer les vagues de froid venant de l’est et les jours sans dégel sont fréquents à l’est du pays. Mais ce mois est également marqué par le passage des dépressions océaniques qui entraînent de fréquentes tempêtes. Autre marqueur des mois de janvier : les précipitations et les inondations. Entre les pluies répétitives et les redoux faisant fondre la neige, janvier est souvent synonyme de débordements des cours d’eau avec des crues lentes caractéristiques de la période hivernale : la crue centennale de la Seine en janvier 1910 en est l’exemple historique.
Températures en janvier : les plus grandes vagues de froid
Entre le 1er et le 31 janvier, la durée du jour augmente d’une heure, ce qui se traduit par un ensoleillement en hausse par rapport au mois de décembre. D’un point de vue climatique, on trouve en janvier une disparité nord /sud assez nette, entre un temps plus nuageux au nord du pays et plus ensoleillé vers le sud, et notamment vers la Méditerranée. Les régions situées au nord de la Loire sont plus défavorisées en raison soit de nuages bas et de brouillards plus fréquents, soit à cause des perturbations qui circulent d’ouest en est et s’accrochent sur les reliefs. L’arc atlantique est assez homogène de Brest à Biarritz en raison d’un ciel souvent changeant, tandis que le sud-est bénéficie du meilleur ensoleillement, surtout les années à Mistral (comme en janvier 2019) qui maintient un ciel limpide. Comme en décembre, les régions les plus nuageuses, comme à l’est, ne sont pas forcément celles où il pleut le plus.
C’est arrivé en janvier
. Des tempêtes dévastatrices
- Le 16 janvier 1955, une puissante tempête balaie la moitié nord avec 190 km/h à Cambrai et 160 km/h à Angoulême.
- Du 2 au 5 janvier 1998, une série de 4 puissantes tempêtes circule à grande vitesse en Manche. Les vents tempétueux balaient le nord de la Loire. Les rafales atteignent une force assez rare avec de 150 à 170 km/h le long des côtes de la Manche (173 km/h à Fécamp, 76). Ces tempêtes ont un impact économique important (jusqu’à 500 000 foyers privés d’électricité). Hormis les tempêtes de décembre 1999, la Manche n’a plus connu de telles tempêtes depuis lors.
- Le 24 janvier 2009, la tempête Klaus ravage le tiers sud-ouest de la France avec des rafales atteignant 161 km/h à Bordeaux, 184 km/h à Perpignan et 191 km/h au Cap Béar (66). C’est la dernière tempête majeure (avec Xynthia en février 2010) a frapper la France. On dénombre 12 victimes en France. Les dégâts considérables sont estimés à 1,2 milliards d’euros.
. Des inondations majeures
Les plus grandes crues de la Seine se sont produites en janvier.
- Celle de 1910, d’occurrence centennale, est la plus importante. Elle a débuté le 18 janvier suite à des cumuls de pluie historiques sur le bassin versant de la Seine jusqu’au Morvan venant se cumuler à la fonte de la neige tombée précédemment. Le pic de crue se produit le 28 janvier.
- 1924 : brève mais intense crue de la Seine le 6 janvier.
- 1955 : neige, puis redoux et pluies abondantes provoquent une crue majeure le 23 janvier.
- 1982 : faisant suite à un automne déjà très pluvieux, de nouvelles pluies provoquent une crue majeure avec un maximum le 14 janvier. Des chutes de neige viennent compliquer la situation.
- 2018 : la Seine et ses affluents connaissent une crue importante, classée parmi les 5 plus importantes depuis 1900. La crue dure 15 jours à Paris, jusqu'en début février, où la neige vient compliquer la situation.
La crue de la Seine de janvier 2018 se poursuit jusqu'en février (ici, à Triel sur Seine)
Des crues parfois importantes se produisent dans l’ouest de la France sous l’effet du défilé des perturbations, comme en janvier 2001 en Bretagne, où la ville de Redon (35) est à nouveau durement inondée après les crues de décembre.
. Des tempêtes de neige historiques
Les mois de janvier se caractérisent parfois par de grandes vagues de froid, responsables de chutes de neige importantes en plaine, jusque sur les littoraux. Certaines chutes de neige ont pris l’aspect de véritables blizzards :
- 1966 : une courte mais intense vague de froid provoque d’abondantes chutes de neige en plaine, avec 20 cm à Paris : la neige ne sera déblayée que très lentement et les parisiens se déplacent à ski.
- 1979 : après la neige du Réveillon, un deuxième blizzard paralyse la Normandie, le Centre et le bassin parisien. Le vent associé à la neige forme des congères de plus de 2 m en Beauce (28) et en basse Normandie, piégeant des centaines d’automobilistes. L’Armée doit venir secourir ces « naufragés de la neige ».
Des centaines d'automobilistes ont été pris au piège de la neige en Beauce, en janvier 1979.
- 1985 : la vague de froid historique de janvier provoque surtout des records de froid, mais la neige tombe en abondance au sud de la France jusque sur la Côte d’Azur, avec 38 cm à Nice (record).
- 1987 : le mois de janvier est à nouveau froid et surtout très enneigé, avec jusqu’à 40 cm en Bretagne, 20 cm de neige à Marseille et de 10 à 20 cm en région parisienne. Dans un contexte de vague de froid, ces neiges se maintiennent durablement au sol, jusqu’au début février. Le Plan ORSEC est déclenché pour venir en aide aux centaines d’automobilistes bloqués.
- Depuis ces grands hivers, les chutes de neige sont devenues moins fréquentes et moins abondantes en plaine, mais on note tout de même une chute de neige mal prévue le 4 janvier 2003 qui paralyse l’Ile de France (avec 4 à 8 cm de neige qui gèle sur les routes).
- 2010 : le mois de janvier est à nouveau froid et enneigé en France, avec plusieurs épisodes neigeux qui donnent 30 cm de neige à Alençon (61) et 20 cm à Chartres (28). La neige gagne vers le sud où il tombe 35 cm à Grenoble (38), 20 cm à Valence (26) et en Camargue (13), et 8 cm à Toulouse (31).
- Janvier 2019 : le 22, la neige fait son apparition en plaine avec 5 à 8 cm en Ile de France et 13 cm à Lille.
. Des records de froid absolus
Les records de froid en France sont observés lors des mois de janvier, le plus froid étant celui de 1985.
- Les mois de janvier 1940, 1942, 1945 et 1946 sont très rigoureux. On relève des températures de -24°C à Reims, -22°C à Clermont-Ferrand, -21°C à Lyon, -18°C à Montpellier et -15°C à Paris.
- 1954 : l’hiver où l’Abbé Pierre a créé l’association Emmaüs n’est pas le plus froid, mais on a relevé quand même -18°C à Nancy et -16°C à Strasbourg en janvier.
- L’hiver 1962-1963 est le plus froid du siècle, mais surtout le plus long. Dans ce contexte qui dure 3 mois, janvier est glacial mais très sec et ensoleillé. On enregistre -27°C à Ambérieux, -23°C à St-Etienne, -18°C à Montpellier et -13°C à Paris.
- 1971 : le froid est glacial de la fin décembre au 10 janvier, avec -27°C à Grenoble, -22°C à Lyon et -20°C à Nancy.
- 1985 : le mois de janvier est marqué par une longue vague de froid intense. A Paris, il s’agit même du mois de janvier le plus froid depuis 1838. On relève presque -40°C dans le Doubs, -25°C à Louviers (27), -23°C à Nevers, -18°C à Paris et -7°C à Nice, sous la neige.
- 1986 : 2ème mois de janvier très froid consécutif, avec -17°C à Troyes.
- 1987 : 3ème mois de janvier glacial de suite, avec -22°C à Mulhouse, -13°C à Paris et -10°C à Marseille.
- 1997 : dernière grande vague de froid en France en janvier à ce jour. On relève -23°C à Troyes et -17°C à Strasbourg.
- 2010 : janvier est surtout marqué par la neige en plaine, mais quelques températures très basses sont ponctuellement relevées, avec -20,6°C à Brétigny-sur-Orge (record de 1985 battu) et -17.5°c à Melun (77).
- 2017 : une vague de froid sec se met en place avec des températures nocturnes très basses : avec -15° à Colmar, -16° à Luxeuil et localement -20°C dans le Jura.