Alors qu'à la mi-journée 32 feux étaient en cours selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, plus de 50 000 ha sont déjà partis en fumée depuis le début de l'année, soit plus de trois fois la superficie brulée l'année dernière à la même époque.
Gironde / Lège-Cap-Ferret : des évacuations massives face à un feu imprévisible.
Après Saumos, Le Porge et Le Temple, la situation continue de se dégrader en Gironde, où l’incendie au nord du bassin d’Arcachon a déjà parcouru plus de 10 000 hectares. Les évacuations s’étendent désormais à la presqu’île du Cap-Ferret, de Claouey jusqu’à la pointe. Qualifié de « feu XXL » et « hors norme » par les autorités et les pompiers, l'incendie reste incontrôlé et peut effectuer des sautes de près d’un kilomètre. Environ 1 000 pompiers sont mobilisés, tandis qu’au moins 80 maisons ont brûlé, dont une cinquantaine détruites.
La situation météo reste très délicate ce vendredi avec 32 °C et un vent qui se renforce et s’oriente progressivement au nord, avec des rafales de 30 à 35 km/h susceptibles de favoriser la propagation du feu vers le sud.

Une amélioration relative pourrait se dessiner avec l’arrivée des orages entre vendredi soir et samedi, mais elle restera très incertaine pour les incendies. En Nouvelle-Aquitaine, les pluies attendues pourraient temporairement humidifier les sols et la végétation et ainsi aider les secours. En revanche, les orages pourront aussi s’accompagner de rafales très violentes, parfois jusqu’à 100 à 110 km/h, susceptibles de provoquer de brusques reprises et d’accélérer la propagation des flammes. Samedi, une nouvelle dégradation orageuse concernera une large partie du Sud, de la Nouvelle-Aquitaine à la région PACA en passant par le Languedoc et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les précipitations pourront donc apporter un répit local, mais tant que les vents forts persisteront, le risque de reprise restera élevé.
2026, l'été de tous les dangers
Entre une sécheresse plus sévère que celle de 1976, des surfaces brûlées qui atteignent leur niveau le plus élevé depuis vingt ans, et une quatrième canicule intense et étendue attendue la semaine prochaine, la France connaît cette année une situation véritablement exceptionnelle.
Rappelons que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne de 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Il a également été le plus chaud jamais observé en Europe occidentale, avec une moyenne de 20,74 °C, soit un excédent de 3 °C par rapport à la période 1991-2020. Et la tendance pourrait se poursuivre en juillet : le mois pourrait s’achever avec une anomalie de +3,9 °C, ce qui en ferait le mois de juillet le plus chaud depuis 1945, devant juillet 2006, qui affichait un excédent de +3,4 °C. On se dirige donc tout droit vers l'été le plus chaud jamais enregistré.