Prévisions saisonnières : des précipitations restant insuffisantes

Regis CREPET
Par Regis CREPET, Météorologue
L’hiver que nous connaissons présente à ce jour des températures supérieures aux moyennes de saison, malgré de grands contrastes selon les quinzaines. De même, comme anticipé par Le modèle numérique développé par METEO CONSULT *, les précipitations ont fait leur retour graduel et devraient caractériser aussi une partie du mois de février malgré une fiabilité limitée. Pour la suite, le printemps s’annonce à nouveau sec et doux malgré un mois de mars probablement assez frais.

A l'échelle du trimestre février-mars-avril, les températures prévues en France seraient supérieures aux moyennes de saison basées sur les 30 dernières années (écart de +1°C), avec certes des différences marquées par quinzaines. La pluviométrie est vue excédentaire en février, mais à nouveau déficitaire en mars et en avril. À noter que la pluviométrie attendue en février présente une fiabilité limitée avec un risque que ce mois soit moins pluvieux que prévu.

Rappelons qu'un hiver de saison se caractérise par des températures minimales de 0 à 5°C en moyenne, et des maximales de 4 à 14°C en fonction des régions. Les précipitations mensuelles moyennes en hiver s'établissent de 50 à 100 mm avec de fortes disparités régionales, le mois de février étant, statistiquement, l'un des mois les plus secs de l'année en France.

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

Dans le détail, voici notre analyse pour les trois prochains mois :

Février : globalement assez doux avec des pluies

La configuration météorologique générale serait marquée par des hautes pressions de l’Europe du sud-est à la Russie, tandis que les systèmes dépressionnaires seraient situés sur l’Atlantique nord. Ce contexte est favorable à des flux orientés au sud-ouest sur la France, avec des passages perturbés fréquents. De ce fait, les précipitations sont prévues généralement supérieures aux normales de saison, malgré quelques secteurs défavorisés tels les plaines intramontagnardes et l’Occitanie. À l’échelle du mois, les températures prévues sont de +1° à +1,5°C au-dessus des moyennes, malgré une probable différence entre une première décade possiblement assez froide, suivie d’un temps plus doux.

Il subsiste une forte incertitude sur les précipitations pour février : les hautes pressions pourraient freiner le retour du flux océanique perturbé et s'étaler plus durablement sur la France. Dans ce cas, les pluies seraient moins fréquentes que prévu, ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour la recharge des nappes phréatiques, lesquelles restent très déficitaires à l'échelle de la France.

A l’échelle de l’Europe, les précipitations seraient supérieures aux moyennes sur le nord-ouest de la péninsule ibérique, les îles britanniques, le Benelux et la Scandinavie, tandis que le temps anticyclonique provoquerait un déficit pluviométrique en Russie, sur les Balkans et l’Italie. Les anomalies froides semblent réservées à l’est de la Russie et le Groenland.

Mars : à nouveau plus sec et moins doux

Les hautes pressions influenceraient davantage l’Europe de l’ouest, s’étendant de la mer du Nord à l’Europe centrale. Les dépressions circuleraient alors du large atlantique vers la péninsule ibérique et la Méditerranée. La France serait en limite de ces influences avec des temps anticycloniques et des flux d’est. Cette situation serait propice à un contexte sec accompagné de températures de saison. Cela masquerait de possibles périodes froides avec du gel tardif, contrastant avec des après-midi parfois douces grâce à l’ensoleillement. Les précipitations seraient déficitaires sur les deux tiers nord de la France, mais pourraient être assez marquées au sud, en raison des dépressions méditerranéennes.

A l’échelle de l’Europe, les précipitations seraient supérieures aux moyennes de la péninsule ibérique au Maghreb, et déficitaires sur les trois quarts du continent européens.

Avril : vers un mois sec et doux ?

Le mois d’avril serait caractérisé par des conditions anticycloniques sur l’Europe centrale jusqu’en France. Ces hautes pressions limiteraient l’intrusion des perturbations, induisant un déficit pluviométrique plutôt marqué à ce jour. Les flux orientés au secteur sud à sud-est entraineraient des températures supérieures aux moyennes de saison, autour de +1°C.

A l’échelle de l’Europe, le déficit pluviométrique serait assez global, tandis qu’un froid tardif pourrait toucher la Scandinavie et la Russie. Les dépressions apporteraient des précipitations sur la péninsule ibérique et l’Afrique du Nord.

Au total, la fin de l’hiver permettrait de bénéficier de précipitations bien utiles à cette période de l’année avant un printemps prévu sec. Cependant, ces précipitations ne seront pas toujours suffisantes pour enrayer le déficit chronique en certaines régions, notamment en Occitanie. Quant aux températures de l’hiver, elles pourraient être finalement supérieures aux moyennes (pour rappel, décembre était à +0,6°C au-dessus des moyennes et janvier pourrait se situer autour de +2°C). Le printemps s’annonce lui aussi plutôt doux, malgré un mois de mars qui pourrait être juste de saison, voire éventuellement plus frais, mais sec.

* Ces prévisions à long terme reposent sur une analyse des anomalies vues par le modèle développé par METEO CONSULT. Il existe de nombreux autres modèles de prévisions saisonnières qui peuvent présenter des scénarios parfois assez différents.

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