Prévisions saisonnières pour la suite de l'hiver jusqu'en avril

Regis CREPET
Par Regis CREPET, Météorologue
L'actualisation des prévisions saisonnières est valable pour la suite de cet hiver en France métropolitaine et en Europe, concernant les mois de février, mars et avril. Le scénario le plus probable laisse apparaître un hiver qui reste assez proche des moyennes concernant les températures et devenant plus sec que la normale à l'échelle de l'hexagone en vue du printemps. Voici le détail mensuel de ces prévisions à long terme.

L'hiver météorologique, débuté le 1er décembre dernier, présente un schéma global assez cohérent avec nos prévisions saisonnières. En effet, celles-ci envisageaient un mois de décembre plutôt doux et relativement sec à l'échelle de l'hexagone, ce qui fut le cas en raison du pic de douceur remarquable de la fin du mois. Quant au mois de janvier, il semble se diriger vers des températures assez proches des moyennes également, avec une incertitude concernant les précipitations.

Cette tendance, présentée lors de notre précédent bulletin du 10 décembre, est maintenue dans cette actualisation pour les mois à venir, sans modification particulière. À ce jour, il n'y a pas de signal froid particulier en perspective pour la suite de l'hiver. Concernant les précipitations, celles-ci devraient s'avérer légèrement inférieures aux moyennes sur le trimestre février-mars-avril, bien que des différences spatiales soient envisagées.

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

À noter que le phénomène océanique la Niña est actuellement en cours dans l'océan Pacifique, et devrait se maintenir jusqu'au printemps, conformément aux prévisions initiales. Pour rappel, si les effets de la Niña sont propices à des températures plus basses à l'échelle de la planète, elles ne sont pas toujours synonymes d'hiver froid à l'échelle de la France. Les répercussions sont plus directes pour le continent américain, où l'hiver s'annonce froid sur le Canada et le nord des États-Unis à partir de ce mois de janvier surtout.

Prévisions Saisonnières
Crédit : La Chaîne Météo

Ci-dessus : les effets statistiques de La Nina en hiver.

Prévisions saisonnières pour le mois de février

Par rapport à notre précédent bulletin, la prévision saisonnière pour le mois de février présente peu de différence concernant les températures, qui devraient se situer légèrement au-dessus des moyennes de saison de l'ordre de +0,5°C à l'échelle de l'hexagone. Les caractéristiques météorologiques de ce mois de février ressembleraient au mois de janvier, à savoir une alternance de perturbations circulant plutôt sur la moitié nord, et de séquences anticycloniques propices aux phénomènes de basses couches : brouillards, gel matinal en plaine et douceur en altitude. Les précipitations, quant à elles, seraient contrastées entre des pluies excédentaires au nord de la Loire, et déficitaires dans le Midi de la France. Pour la montagne, les chutes de neige ne seraient donc pas très fréquentes, et il faudra composer avec la couche présente au sol.

Prévisions saisonnières pour le mois de mars

Nos prévisions restent conformes au bulletin du 10 décembre, à savoir un mois de mars sec et assez doux, avec, par conséquent, un beau ressenti printanier précoce. Notre modèle indique une anomalie positive de température sur notre pays conjuguée à de faibles précipitations. Des conditions anticycloniques devraient prédominer sur toute l'Europe centrale, apportant un temps sec sur le continent. En bordure de ces anticyclones continentaux, la France pourrait donc connaître un mois de mars sec et bien ensoleillé, avec de probables nuits froides et des gelées tardives lorsque les nuits sont dégagées, et des après-midi printanières. La fiabilité est confortée par la stabilité de nos prévisions numériques.

Prévisions saisonnières pour le mois d'avril

Après un mois de mars très sec et doux, le mois d'avril pourrait s'annoncer plus humide et moins doux, malgré des températures qui seraient dans les moyennes de saison. Les précipitations reviendraient, elles aussi, dans les normales. Ce retour à la normale serait appréciable pour éviter une sécheresse printanière. Cette situation serait liée à des pressions atmosphériques plus basses sur l'Europe et sur la France, ce qui est assez normal lorsque commence la "saison chaude". Cela n'est pas forcément synonyme de mauvais temps, mais d'une possible instabilité passagère avec des temps à giboulées par exemple, voire les premiers orages de la saison. Dans ce type de configuration, survenant après un mois de mars doux et ensoleillé, il faudra se méfier du risque de gel tardif sur une végétation possiblement en avance.

En conclusion, il n'y a pas de signal fort concernant les températures pour cet hiver, qui serait donc plus ou moins de saison. C'est, cependant, le scénario "légèrement plus doux que les normales" qui domine à ce jour, mais avec peu d'écart. Concernant les précipitations, elles s'avèrent assez proches des moyennes jusqu'à présent, avec de fortes disparités régionales, ce qui constitue une bonne nouvelle pour alimenter les nappes phréatiques. Néanmoins, nous craignons un mois de mars particulièrement sec. L'enneigement en montagne va se maintenir en haute altitude compte-tenu des bonnes épaisseurs tombées par épisodes, mais le mois de février et de mars pourraient être moins enneigés que décembre et janvier.

actualité météo

Vidéos météo

* 3201 : numéro court de prévisions pour la France accessible depuis la France - 2,99€ par appel ** 0899 70 12 34 : numéro de prévisions pour la France et le Monde accessible depuis la France - 2,99€ par appel
Français